Le nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a reconduit le Premier ministre Ibrahim Mahlab dans ses fonctions, le chargeant de former un nouveau gouvernement quelques heures après la démission de son précédent cabinet.

L’ancien chef de l’armée a prêté serment dimanche, onze mois après avoir destitué début juillet 2013 le président islamiste Mohamed Morsi, dont des millions de manifestants avaient réclamé le départ. Premier président élu démocratiquement, un an auparavant, il était vite devenu impopulaire.

Ibrahim Mahlab a indiqué que M. Sissi l’avait chargé de former le nouveau gouvernement mais que les consultations n’avaient pas encore démarré, a rapporté l’agence officielle Mena.

Le précédent gouvernement, installé par M. Sissi qui dirigeait de facto le pays depuis la destitution de M. Morsi, a démissionné pour permettre au président de « choisir (une équipe) à même de servir la nation », avait indiqué quelques heures plus tôt M. Mahlab dans un communiqué.

« Je vous assure que j’ai déployé ainsi que les ministres (…) tous les efforts pour accomplir notre tache dans des circonstances très difficiles », avait-t-il ajouté.

Le gouvernement intérimaire mis en place par M. Sissi après la destitution de M. Morsi a mené une sanglante répression contre ses partisans, notamment sa confrérie des Frères musulmans.

Quelques heures après sa prestation de serment, le nouveau président égyptien a promis de poursuivre cette lutte, affirmant qu’il combattrait « sans répit » ceux qui commettent des violences.

Une mise en garde visant clairement les Frères musulmans dont tous les leaders, à l’instar de M. Morsi, sont emprisonnés et jugés pour « violences » dans des procès où ils encourent la peine de mort. La confrérie a été interdite et décrétée « organisation terroriste » en décembre.

« Je le dis de manière très claire: il n’y aura pas de laxisme, pas de répit contre ceux qui ont recours à la violence, qui ont du sang sur les mains », a-t-il prévenu.

En onze mois, plus de 1.400 manifestants pro-Morsi ont été tués, plus de 15.000 Frères musulmans emprisonnés et des centaines ont été condamnés à mort en quelques minutes dans des procès de masse.

Lundi, un tribunal du Caire a condamné 112 partisans de M. Morsi à un an de prison pour avoir participé à des manifestations non-autorisées, bloqué des rues et attaqué des policiers le 25 janvier, lors de célébrations marquant le 3e anniversaire de la révolution de 2011.

M. Sissi est le deuxième président d’Egypte depuis que Hosni Moubarak a été chassé du pouvoir en 2011. Trois années de chaos politique et économique ont suivi le départ de M. Moubarak.

Les Emirats promettent d’aider Sissi

Les Emirats arabes unis, riche pays pétrolier du Golfe, ont promis lundi au nouveau président égyptien Abdel Fattah al-Sissi leur aide pour assurer la stabilité et la prospérité de l’Egypte.

L’investiture dimanche de M. Sissi doit ouvrir « une nouvelle ère de stabilité, de sécurité et de prospérité pour l’Egypte et son peuple », a déclaré le vice-président et Premier ministre des Emirats, cheikh Mohamed Ben Rached Al-Nahyane, lors de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres.

« Nous allons apporter toute notre aide à la direction égyptienne durant la prochaine période pour réaliser les aspirations du peuple égyptien », a ajouté cheikh Mohamed qui a souligné que l’Egypte devait reprendre « son rôle de premier plan dans la région », selon l’agence officielle Wam.

Les Emirats sont l’un des principaux soutiens de M. Sissi depuis qu’il a destitué en juillet le président islamiste Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, vivement décriés dans cette monarchie du Golfe.

L’Arabie saoudite a proposé la semaine dernière la tenue d’une conférence des donateurs à l’Egypte pour aider ce pays à sortir d’une profonde crise économique.