Le tribunal administratif égyptien a formellement annoncé mardi le report des législatives, qui devaient débuter le 21 mars, après la décision de la justice de déclarer anticonstitutionnelle la loi électorale, dans un pays sans Parlement depuis 2012.

La Cour constitutionnelle avait rejeté dimanche des dispositions de la loi organisant le scrutin concernant le découpage des circonscriptions électorales. La commission électorale avait ensuite reconnu que les élections allaient être reportées.

Le tribunal administratif a décidé mardi d' »annuler l’appel à des élections en mars », a rapporté l’agence de presse officielle MENA.

La loi doit à présent être révisée avant d’être de nouveau être ratifiée par le président Abdel Fattah al-Sissi. Ce dernier a ordonné une réécriture du texte d’ici un mois.

Le précédent Parlement, dominé par les islamistes, avait été dissous en 2012, la Cour constitutionnelle ayant estimé que certaines dispositions de la loi électorale violaient la Constitution.

Après avoir évincé le président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, Sissi, alors chef de l’armée, avait annoncé une feuille de route prévoyant l’adoption d’une nouvelle Constitution, suivie par des élections présidentielle et législatives.

La Constitution a été adoptée en janvier 2014, et Sissi a remporté avec 97 % des voix la présidentielle organisée en mai dans un contexte où toute opposition, islamiste comme laïque, a été éliminée.

La confrérie islamiste des Frères musulmans, dont est issu Morsi, avait remporté toutes les élections organisées entre 2011 et 2013, mais elle a été depuis classée mouvement « terroriste » par les autorités et ses dirigeants sont en prison ou en exil.

Sur les 567 députés au Parlement, 540 devaient être élus en plusieurs étapes, lors d’un scrutin très complexe, mixte –uninominal et de liste– au suffrage universel et par province, tandis que les 27 restants étaient nommés par le président.