Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a affirmé mardi que la condamnation à mort, « en masse », de 529 partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi par la justice en Egypte viole le droit international.

« Le nombre stupéfiant de personnes condamnées à mort dans cette affaire est sans précédent dans l’Histoire récente. L’imposition en masse de la peine de mort après un procès qui a été marqué par des irrégularités de procédure est une violation du droit international des droits de l’Homme », a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, lors d’un point presse.

Le verdict dans le procès de près de 700 partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi a été fixé mardi au 28 avril en Egypte, a annoncé l’un des avocats de la défense à l’AFP.

Ce procès s’inscrit dans une affaire plus large, qui compte au total plus de 1 200 accusés. Lundi, 529 d’entre eux ont déjà été condamnés à la peine capitale par le tribunal du gouvernorat de Minya, au sud du Caire, lors de la deuxième audience d’un procès expéditif qui a déclenché un tollé international.

Pour les experts du domaine judiciaire toutefois, ce verdict, susceptible d’appel, sera probablement annulé ou les peines commuées parce que le tribunal n’a respecté ni la procédure, ni les droits les plus élémentaires de la défense.

Depuis que les militaires ont destitué M. Morsi le 3 juillet, la communauté internationale a à plusieurs reprises exprimé son inquiétude face à la violente répression menée par les nouvelles autorités dirigées de facto par l’armée qui a fait, selon Amnesty International, au moins 1 400 morts, en très grande majorité des manifestants pro-Morsi.

En outre, des milliers de personnes ont été arrêtées, notamment la quasi-totalité de la direction des Frères musulmans, l’influente confrérie de Morsi qui avait remporté toutes les élections depuis la révolte de 2011 ayant renversé Hosni Moubarak.

Ainsi, mardi, le Guide suprême des Frères musulmans, Mohammed Badie, était cité à comparaître, mais, incarcéré au Caire, il n’a pas été amené devant la cour. Il encourt, comme M. Morsi et la plupart des hauts dirigeants de son mouvement, la peine de mort dans plusieurs autres procès.