L’Union européenne a « félicité » jeudi l’ex-chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi après son élection comme nouveau président de l’Egypte, tout en exprimant sa « préoccupation » quant au respect des libertés publiques.

« L’UE félicite Abdel Fattah El-Sissi comme nouveau président de l’Egypte » et « espère qu’il relèvera les défis importants auxquels fait face le pays, dont la difficile situation économique, les profondes divisions au sein de la société, le contexte sécuritaire et le respect des droits de l’Homme », a déclaré Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, dans un communiqué.

Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige de facto l’Egypte depuis qu’il a destitué l’islamiste Mohamed Morsi il y a 11 mois, a été proclamé officiellement président, avec 96,9 % des suffrages, après un scrutin boycotté par les partisans de son prédécesseur.

Mme Ashton a souligné que l’UE prenait « bonne note du fait que le scrutin s’est tenu dans l’ordre et pacifiquement », en se basant sur le rapport préliminaire de la mission d’observation électorale déployée par Bruxelles.
Néanmoins, les 28 « notent que, alors que la nouvelle Constitution a établi une série de droits fondamentaux, le respect des droits n’est pas à la hauteur des principes constitutionnels », précise le communiqué.

« La liberté d’association, de réunion et d’expression sont des sujets de préoccupation, notamment dans le contexte de cette élection », souligne-t-il.

L’UE affirme que « la construction d’une démocratie forte et durable ne sera possible qu’avec l’établissement d’institutions démocratiques, transparentes et responsables qui protègent tous les citoyens et leurs droits fondamentaux ». « Dans ce contexte, l’UE réaffirme sa profonde préoccupation quant à la détention de membres de la société civile et de l’opposition, ainsi que de militants », selon le texte.

Des ONG internationales de défense des droits de l’Homme ont qualifié le régime Sissi de « plus autoritaire » que celui de Hosni Moubarak, déchu début 2011 à l’issue d’une révolte dans la lignée des Printemps arabes.

Mme Ashton « espère » que « l’esprit de dialogue » sera promu dans la perspective des prochaines élections législatives afin de permettre à l’opposition ayant renoncé à la violence et adhérant aux principes démocratiques, d’ « agir librement ».

Elle affirme que l’UE est disposée à apporter son soutien, notamment pour engager « les réformes sociales et économiques nécessaires ».