L’avocat d’Abdel Fattah al-Sissi, artisan de la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, a déposé officiellement lundi la candidature de l’ex-chef de l’armée à l’élection présidentielle égyptienne, selon un porte-parole de sa campagne.

Ahmed Kamel a indiqué à l’AFP que l’avocat Bahaa Abou Chouqa avait déposé à la commission électorale les résultats des examens de santé de M. Sissi ainsi que les signatures requises pour être candidat au scrutin prévu les 26 et 27 mai dont le maréchal à la retraite est le grand favori.

Selon la loi égyptienne, chaque candidat doit réunir 25 000 signatures d’électeurs, rassemblées dans au moins 15 des 27 provinces du pays. M. Sissi en a rendu « plus de 460 000 », selon M. Kamel.

Pour le moment, outre Sissi, deux autres hommes ont dit leur intention de se présenter : le leader de gauche Hamdeen Sabbahi et Mortada Mansour, un avocat controversé et célèbre pour ses virulentes critiques contre les militants à la tête de la révolte de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir. Selon les experts, ils ont très peu de chances d’engranger un nombre significatif de voix.

M. Sissi est le premier candidat à déposer officiellement son dossier devant la Haute commission électorale. Le dépôt des candidatures est ouvert jusqu’au 20 avril et la commission doit ensuite annoncer les noms des candidats retenus le 2 mai, la veille de l’ouverture officielle de la campagne.

Pour la première fois, l’Union européenne va superviser la présidentielle en Egypte. Le scrutin, qui sera suivi de législatives, doit doter le pays d’un pouvoir élu après dix mois de gouvernement intérimaire et clore la « transition démocratique » promise par l’armée le 3 juillet.

Depuis cette date toutefois, les partisans de M. Morsi dénoncent un « coup d’Etat militaire » et manifestent régulièrement en dépit d’une sanglante répression qui a fait, selon Amnesty International, au moins 1.400 morts.