La Ligue arabe a annoncé mardi que son sommet annuel se tiendrait les 28 et 29 mars en Egypte, une réunion qui sera dominée par la sécurité nationale des pays membres de l’organisation panarabe.

« Le principal sujet de discussion du sommet sera comment préserver la sécurité nationale des pays arabes », a indiqué le secrétaire général de la Ligue Nabil al-Arabi à des journalistes au siège de l’organisation au Caire.

La réunion devrait notamment examiner la menace posée par le groupe djihadiste Etat islamique (EI) qui sévit en Irak et en Syrie, ainsi que la crise en Libye et au Yémen, selon des responsables arabes.

Arabi a rencontré mardi le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour discuter de cette réunion, prévue dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge.

Avant le sommet, les ministres des Affaires étrangères de la ligue doivent tenir deux réunions préparatoires, la première au Caire le 9 mars et la seconde le 26 mars à Charm el-Cheikh, selon la Ligue.

Pour l’Egypte, une solution politique n’élimine pas la menace djihadiste en Libye

L’Egypte a estimé mardi qu’un accord politique entre les factions rivales en Libye ne va pas éliminer la menace djihadiste, après son échec à mobiliser des puissances occidentales réticentes à une intervention militaire internationale dans ce pays.

Livrée aux milices et plongée dans le chaos, la Libye est dirigée par deux Parlements et deux gouvernements rivaux, l’un est proche de la coalition de milices Fajr Libya qui contrôle la capitale Tripoli et l’autre est reconnu par la communauté internationale et siège à Tobrouk (est).

« L’approche de plusieurs pays qui imaginent qu’un accord entre les politiciens va faire disparaître le terrorisme, est étonnante », a indiqué le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri dans une conférence de presse.

Ses déclarations interviennent au lendemain d’une décision du Parlement reconnu par la communauté internationale de suspendre sa participation à un dialogue pour une sortie de crise parrainé par l’ONU.

Après avoir mené le 16 février des frappes aériennes en Libye contre des positions du groupe Etat islamique (EI) en représailles à la décapitation de 21 chrétiens dont l’immense majorité étaient égyptiens, Le président Abdel Fattah al-Sissi avait réclamé une intervention militaire internationale dans le pays. Cet appel avait été accueilli avec réticence par les puissances occidentales.

Mardi, Choukri a dénoncé la politique des deux poids deux mesures de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis qui combat l’EI en Syrie et en Irak.

« Le peuple libyen ne mérite-t-il pas un soutien similaire aux mesures adoptées par la coalition » en Irak et en Syrie, s’est-il interrogé, réitérant cependant que son pays soutenait aussi une solution politique en Libye.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Badr Abdelatti a également regretté la politique du deux poids deux mesures: « vous intervenez sérieusement contre une organisation à un endroit, mais vous l’ignorez totalement à un autre. »

A Washington, la porte-parole du département d’Etat Jen Psaki a affirmé lundi que les Etats-Unis continuaient de soutenir « avec force les efforts de l’ONU pour faciliter la formation d’un gouvernement d’union et trouver une solution politique régler à la crise » en Libye.

Profitant de l’anarchie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi fin 2011, l’EI a étendu son emprise à la Libye, où il multiplie les exactions et les attaques suicide meurtrières.