Un avocat controversé et partisan d’un Etat fort a annoncé dimanche 6 avril sa candidature à l’élection présidentielle égyptienne des 26 et 27 mai, dans laquelle l’ancien chef de l’armée Abdel Fatah al-Sissi est donné grand favori.

Mortada Mansour, célèbre pour ses virulentes critiques contre les militants à la tête de la révolte de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, est depuis la semaine dernière président du club de football de Zamalek. Il a également été juge et parlementaire.

Mansour a déclaré, que s’il était élu, il supprimerait l’accord de paix de Camp David avec Israël, qualifié comme étant « hors de propos », de même que l’aide annuelle de 3 milliards de dollars de la part des Etats-Unis.

Réputé pour ses déclarations provocatrices, Mansour a déclaré qu’Israël ne respectait pas les termes de l’accord de paix avec l’Egypte, l’annulant de ce fait.

« Israël ne respecte plus le traité, » a-t-il dit. « Des armes ont été récemment introduites clandestinement par Israël à la frontière égyptienne, ce qui contredit les termes de l’accord. »

Mansour a également affirmé qu’il est prêt à déclarer la guerre à l’Ethiopie, voisin de l’Egypte, si des mesures diplomatiques échouent et si ce pays poursuivait le projet Renaissance Barrage sur le Nil.

Les Egyptiens s’opposent à ce projet en raison de l’effet qu’il peut avoir sur les niveaux d’eau de la rivière du Nil.

Mansour a également affirmé avoir l’intention de secouer les affaires internes avec des interdictions possibles sur l’alcool et sur les principaux sites de réseautage social.

Le candidat à la présidence a déclaré qu’il mettrait fin à la vente d’alcool aux Egyptiens, qui ne sera disponible que dans les hôtels pour les étrangers.

« Nous ne voulons pas que les gens se promènent ivres dans les rues », a-t-il expliqué.

Les sites de réseaux sociaux Facebook et Twitter seraient interdits s’ils menacent la sécurité intérieure, a ajouté Mansour, selon le rapport.

« Les grandes lignes de mon programme sont, pour résumer, de renforcer l’Egypte et de lui redonner son prestige et son statut sur la scène internationale », a déclaré Mansour lors d’une conférence de presse.

Il a appelé à la fin « des manifestations, des sit-ins et des grèves pendant une année, jusqu’à ce que l’Egypte soit remise sur pied ». Le pays souffre d’une économie anémique et de la chute des revenus du tourisme et des investissements.

Il a également fustigé le président par intérim Adly Mansour, qui n’a selon lui pas réussi à restaurer la sécurité depuis la destitution par l’armée du président Mohamed Morsi, en juillet 2013.

« Vous (Mansour) êtes totalement endormi, tandis que des jeunes, des policiers et des soldats meurent chaque jour et que le pays est taché de sang », a lancé l’avocat.

Le pays est secoué quotidiennement par des violences, et les attentats visant les policiers et l’armée se sont multipliés depuis que le gouvernement intérimaire s’est lancé dans une sanglante répression de toute manifestation pro-Morsi.

Plus de 1 400 partisans de Morsi ont été tués depuis son éviction, selon Amnesty International, et plus de 15 000 autres arrêtés. Et les nouvelles autorités font porter à sa confrérie des Frères musulmans, depuis déclarée « terroriste », la responsabilité de toutes les violences.

Mortada Mansour a également déclaré qu’il avait tenté de se présenter au scrutin organisé en 2012, remporté par Morsi, devenu ainsi le premier président démocratiquement élu d’Egypte, mais que sa candidature avait été rejetée par la commission électorale.

Le dépôt des candidatures pour la présidentielle est ouvert jusqu’au
20 avril, tandis que la campagne se tiendra du 3 au 23 mai.

Le favori Sissi, n’avait jusqu’alors qu’un seul adversaire déclaré, le leader de gauche Hamdeen Sabbahi.