Un civil a été décapité et son fils de 17 ans exécuté par balle dans le nord du Sinaï égyptien, où une branche du groupe djihadiste Etat islamique (EI) mène une insurrection meurtrière, ont annoncé mardi des responsables de la sécurité.

Ces assassinats n’ont pas encore été revendiqués mais les décapitations sont relativement fréquentes dans le nord de cette péninsule désertique, perpétrées par « Province du Sinaï », la branche égyptienne de l’EI, qui assure vouloir punir des civils qu’elle accuse d' »espionner » pour l’armée ou le renseignement.

Le corps et la tête de la victime ont été retrouvés dans une scène macabre sur une grande place d’Al-Arich, le chef-lieu de la province du Nord-Sinaï, ont indiqué à l’AFP des responsables de la sécurité et des secours. Gisait à son côté le cadavre de son fils tué d’une balle dans la tête, selon les mêmes sources.

Ce drame survient 10 jours après que « Province du Sinaï » eut posté une série de photos sur son compte Twitter montrant la décapitation de deux civils dans la même zone, l’un accusé d’être « un espion travaillant pour le renseignement militaire », l’autre pour l’armée.

Depuis que l’armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, les militaires et la police sont régulièrement la cible d’attaques djihadistes, notamment dans le nord du Sinaï, bastion de la branche égyptienne de l’EI.

Selon les autorités, des centaines de policiers et de soldats ont ainsi été tués depuis 2013, essentiellement dans le Nord-Sinaï, mais aussi, dans une moindre mesure, jusqu’au cœur du Caire.

La branche égyptienne de l’EI avait en outre revendiqué la responsabilité du crash d’un avion de touristes russes qui s’était écrasé le 31 octobre dans le Sinaï, tuant les 224 personnes à bord.