Un général de la police a été tué mercredi par une bombe placée sous sa voiture au Caire, dans un nouvel attentat visant les forces de l’ordre en Egypte où les partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi sont violemment réprimés.

L’attaque a été perpétrée dans le quartier huppé du 6-Octobre, dans l’est de la capitale, selon des responsables policiers, et visait le général de brigade Ahmed Zaki, un officier de la police anti-émeute, une unité toujours aux premiers rangs des forces de l’ordre dans la répression des manifestations des pro-Morsi. Deux conscrits ont également été blessés.

Il s’agit de la cinquième attaque visant la police en une semaine, et M. Zaki est le troisième général tué depuis le début de l’année dans des attentats revendiqués principalement par des groupes Djihadistes assurant agir en représailles à la répression des partisans de M. Morsi.

Dans la soirée, le groupe djihadiste Ajnad Misr (les soldats de l’Egypte) a revendiqué l’attentat sur Facebook et Twitter, expliquant avoir surveillé le général avant de mener l’attaque qualifiée de « punition pour avoir tiré à balles réelles sur des jeunes sans défense, les tuant un par un, et avoir arrêté et torturé beaucoup d’autres ».

Ce même groupe jusqu’alors peu connu avait déjà revendiqué trois attentats à la bombe ayant tué un général de police et blessé d’autres très hauts officiers le 2 avril au Caire.

La majorité des attaques contre les forces de l’ordre avaient jusqu’à présent été revendiquées par Ansar Beit al-Maqdess, un groupe djihadiste qui dit s’inspirer d’Al-Qaïda basé dans le Sinaï, d’où il tire également régulièrement des roquettes sur Israël.

A la mi-journée, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur ont assisté aux obsèques du général Zaki.

Une vidéo diffusée par un site d’information local a montré les importants dégâts dus à l’explosion de la voiture. Habituellement bleu foncé, ce véhicule avait été repeint en vert, comme de nombreux autres, pour ne pas être la cible d’attaques.

En outre, un officier de police a été tué lors d’échanges de tirs avec des « terroristes » d’Ansar Beit al-Maqdess recherchés par les autorités à Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, a annoncé le ministère de l’Intérieur, accusant les Djihadistes de préparer des attaques contre les forces de l’ordre.

Depuis la destitution et l’arrestation par l’armée le 3 juillet de M. Morsi, plus de 1.400 manifestants islamistes ont été tués par les forces de l’ordre –dont 700 au Caire durant la seule journée du 14 août–, plus de 15.000 pro-Morsi arrêtés et des centaines d’entre eux condamnés à mort ou à de lourdes peines de prison dans des procès expéditifs.

Dans le même temps, les attaques visant les forces de l’ordre se sont multipliées: le gouvernement installé et dirigé de facto par l’armée assure que plus de 250 policiers, près de 190 soldats et une soixantaine de civils ont péri dans ces attaques, qu’il attribue aux Frères musulmans de M. Morsi, décrétés « terroristes ».

Dans ce contexte, le pays prépare l’élection présidentielle des 26 et 27 mai, que l’ex-chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, qui a destitué M. Morsi, est assuré de remporter tant l’implacable répression visant les Frères musulmans qu’il a engagée est populaire dans une majorité de l’opinion publique et en l’absence de rival crédible.

Seul Hamdeen Sabbahi, une figure historique de la gauche, a osé se présenter face à lui, mais les experts unanimes ne lui attribuent aucune chance de l’emporter.