Les Etats-Unis vont livrer dix hélicoptères d’attaque à l’Egypte, levant partiellement la suspension de leur aide militaire au Caire décidée à la suite de la sanglante répression contre les partisans du président déchu Mohamed Morsi, a indiqué le Pentagone.

Cette décision a été annoncée mardi par le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel à l’issue d’un entretien téléphonique lundi avec son homologue égyptien, le général Sedki Sobhi, a fait savoir dans un communiqué le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Elle intervient après que Washington a conclu que Le Caire maintenait « sa relation stratégique avec les Etats-Unis » et respectait ses obligations vis-à-vis du traité de paix avec Israël, précise l’amiral Kirby.

Le secrétaire d’Etat John Kerry va donc « bientôt certifier au Congrès » ces éléments, une procédure indispensable pour que des fonds gouvernementaux soient débloqués.

Les dix hélicoptères Apache doivent servir à « soutenir les opérations antiterroristes conduites par l’Egypte dans le Sinaï », selon le Pentagone.

Le gouvernement américain avait décidé en octobre de « recalibrer » son assistance au Caire –1,5 milliard de dollars par an, dont 1,3 milliard d’aide militaire– en représailles à la répression des partisans du président islamiste Mohamed Morsi, destitué par l’armée le 3 juillet.

Washington avait ainsi gelé la livraison d’équipements lourds tels que des hélicoptères de combat Apache, des avions de chasse F-16, des pièces détachées de chars Abrams et missiles Harpoon.

Depuis, Washington, allié du Caire depuis 35 ans, tance régulièrement les autorités intérimaires installées par l’armée pour la lenteur de la transition démocratique et leur mauvais bilan en termes de droits de l’homme et de libertés publiques.

Mais les Etats-Unis sont également soucieux de maintenir leurs intérêts stratégiques en conservant la coopération antiterroriste avec Le Caire et le respect des accords de paix israélo-égyptiens.

Lors de son entretien téléphonique, Chuck Hagel a informé son homologue que Washington n’était « pas encore en mesure de certifier que l’Egypte prenait des mesures de soutien à une transition démocratique », selon le communiqué du Pentagone.

« Il a appelé le gouvernement égyptien à démontrer les progrès (réalisés) en faveur d’une transition qui respecte les droits de l’homme et les libertés fondamentales de tous les Egyptiens », ajoute-t-il.

En attendant, le gel sur la livraison des chars Abrams, des chasseurs F-16 et des missiles anti-navire Harpoon est maintenu, a précisé le colonel Steven Warren, un porte-parole du Pentagone.

Les livraisons d’hélicoptères Apache vont, elles, être assurées parce qu’il est « dans l’intérêt national » des Etats-Unis que l’Egypte puisse mener des opérations antiterroristes dans le Sinaï, selon lui.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, était de son côté mercredi en route vers Washington pour rencontrer les responsables américains, a fait savoir le ministère. Au cours de son séjour, il doit aussi rencontrer le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.