L’ancien Premier ministre Ehud Barak a appelé les Etats-Unis à adopter une position plus ferme avec l’Iran et à lui poser un ultimatum : démanteler l’ensemble de son programme nucléaire « sinon… ».

Dans une interview avec CNBC, Barak a déclaré que les Etats-Unis doivent engager des négociations directes avec les Iraniens et leur envoyer « un message clair ».

Il minimise les craintes qu’une frappe militaire sur l’Iran déclencherait une guerre d’envergure, affirmant que l’opération ressemblerait plus à l’exécution d’Oussama Ben Laden qu’à la guerre en Irak en 2003, et pourrait se conclure en une seule nuit.

« C’est la dernière chance [des puissances mondiales] de rester fermes et de garantir que l’Iran finisse par comprendre : soit ils démantèlent leur programme nucléaire soit… », a déclaré Barak, mercredi.

« Je pense que ce qu’il faut vraiment est un message clair – il n’est pas trop tard pour envoyer un émissaire présidentiel d’autorité qui aille chez [le Guide suprême iranien Ali] Khamenei et [le président iranien Hassan] Rouhani, ferme la porte derrière lui et leur dise : ‘Messieurs, nous vous comprenons parfaitement, nous ne vous embarrasserons pas, nous ne vous humilierons pas, mais vous devez comprendre : soit vous acceptez une fois pour toutes de démanteler votre programme nucléaire militaire – soit…' »

Barak a laissé entendre que le « flou » de l’option militaire ne sert pas les intérêts occidentaux.

Barak a rejeté la présentation américaine de l’accord nucléaire comme la seule alternative à la guerre, tout en soulignant qu’une campagne militaire contre l’Iran ne serait pas aussi étendue que le président Barack Obama l’a suggéré.

« Aujourd’hui, l’administration utilise le terme de guerre et les gens pensent probablement à la guerre contre l’Irak ou l’Afghanistan – ce n’est pas le cas. »

« Techniquement parlant, le Pentagone et les forces armées américaines, soutenues et probablement dirigées par le président, mettent en place un moyen extrêmement efficace pour détruire le programme nucléaire militaire iranien en une seule nuit, dans une opération beaucoup plus proche – sur le spectre entre la guerre en Irak et l’exécution d’Oussama Ben Laden – beaucoup plus proche de l’exécution d’Oussama Ben Laden, et cela doit se savoir. Les Iraniens ne peuvent rien y faire, à part attaquer Israël », a déclaré Barak.

« Nous préférons tous une solution via les négociations, mais négocier – l’autre côté devrait le comprendre et y croire, pas seulement « faire semblant d’y croire » – il doit comprendre et croire fermement que s’ils ne respectent pas les réelles exigences d’extraire tout le matériel enrichi de l’Iran, de fermer [l’installation nucléaire souterraine à] Fordo, d’arrêter tous les travaux de militarisation et tous préparatifs en vue de se doter de l’arme – si tout cela n’est pas accepté dans l’heure, ils seront confrontés à l’alternative. »