Le chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Gadi Eizenkot, est intervenu mardi dans la controverse concernant l’intégration des femmes à des postes combattants dans l’armée. Il a vivement critiqué le général de brigade (de réserve) Avigdor Kahalani, qui a déclaré le mois dernier que les femmes étaient intrinsèquement inaptes à servir dans les unités d’infanterie lourde du Corps des blindés.

« A mon avis, ces remarques sont inappropriées et ne caractérisent pas Tsahal », a-t-il déclaré selon la radio militaire.

Eizenkot a déclaré qu’il y avait plus de femmes servant à des postes gradés dans l’armée israélienne qu’il n’y en avait jamais eu dans l’histoire militaire d’Israël.

« Aujourd’hui, 87 % des postes de Tsahal sont ouverts aux soldates, a-t-il déclaré. Tout ce tollé est inutile, et ignorant, parce que les soldats religieux peuvent ne pas servir dans des unités mixtes. »

Le débat sur l’égalité des genres au sein de Tsahal, vieux de plusieurs décennies, a été ranimé le mois dernier quand un général de brigade a révélé à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset que l’armée étudiait la possibilité de permettre aux femmes d’être combattantes dans le Corps des Blindés.

Des Israéliennes servant dans le bataillon Caracal, en novembre 2007. (Crédit : Yoni Markovitzki/unité des porte-paroles de l'armée israélienne/Flash90)

Des Israéliennes servant dans le bataillon Caracal, en novembre 2007. (Crédit : Yoni Markovitzki/unité des porte-paroles de l’armée israélienne/Flash90)

Plusieurs responsables militaires et rabbins se sont depuis exprimés sur le sujet.

Kahalani, célèbre commandant de la 7e brigade blindée de Tsahal, a déclaré en novembre à la radio Galey Israël que les unités de tank n’étaient pas adoptées aux femmes.

« Le rôle d’une femme est d’être une mère, de faire venir des enfants au monde », a-t-il déclaré.

« Après les traumatismes de la guerre, elle devrait être totalement différente », a ajouté Kahalani.

En novembre également, l’ancien général Yiftach Ron-Tal avait affirmé que les efforts pour intégrer les femmes dans les unités combattantes faisaient partie d’un complot gauchiste pour « affaiblir » l’armée israélienne.

Avigdor Kahalani avec des soldates. (Crédit: AWIS)

Avigdor Kahalani avec des soldates. (Crédit: AWIS)

Il s’était ensuite excusé pour la nature politique de se propos après une vague de condamnation de députés et de figures publiques.

Le général de brigade Guy Hasson s’est aussi fortement exprimé contre les unités d’infanteries lourdes mixtes, affirmant qu’il y avait des problèmes fondamentaux qui empêchaient l’intégration des femmes dans certaines unités, dont des exigences physiques et des préoccupations sociales, ainsi que l’ « image » du corps.