Le chef d’état-major Gadi Eizenkot a donné une interview sans précédent, jeudi, à une agence de presse saoudienne, indiquant que l’État juif est préparé à partager du renseignement avec le Royaume d’Arabie saoudite, dans le cadre de leurs efforts coordonnés pour freiner l’influence iranienne dans la région.

Eisenkot a accordé cette première interview au site Elaph, basé à Londres et appartenant aux Saoudiens. Il a proposé sa vision des ambitions iraniennes au Moyen Orient, et a parlé de la façon dont elles pourraient être contrées.

Le chef d’état-major a été clair sur le fait qu’Israël n’est pas intéressé à entrer en guerre avec le Hezbollah, organisation terroriste libanaise, soutenue par le Liban, en dépit des tentatives de l’Iran d’arriver à une escalade de violence aux frontières d’Israël.

Interrogé sur le partage « d’informations » avec les saoudiens, Eizenskot a répondu que « nous sommes prêts à partager des informations si nécessaire. Il y a des intérêts que [l’Arabie saoudite] et nous-mêmes partageons ».

Au sujet des ambitions iraniennes dans la région, Eisenkot a déclaré que « le projet de l’Iran est de contrôler le Moyen Orient par deux croissants chiites. Le premier [sera dirigé] depuis l’Iran via l’Irak vers la Syrie et le Liban, et le second depuis le Bahreïn via le Yémen et la mer Rouge ».

« C’est ce qui doit être empêché dans la région », a-t-il dit.

« Dans cette affaire, il y a une entente totale entre nous et le Royaume d’Arabie saoudite, qui n’a jamais été notre ennemie. Il ne nous a jamais combattu ni nous ne l’avons combattu. »

« Quand j’ai rencontré le Comité des chefs d’États-majors inter-armées [aux États-Unis] et que j’ai entendu ce que le représentant saoudien avait à dire, j’y ai entendu l’écho de ma pensée en matière de confrontation avec l’Iran et de la façon de gérer son expansion dans la région. »

Au sujet de la démission soudaine de l’ancien Premier ministre libanais Saad Hariri la semaine dernière, Eizenkot a déclaré que c’était une démarche « complexe » et « surprenante ».

Hariri avait déclaré qu’il démissionnait car il craignait que les Iraniens ne projettent de l’assassiner.

Eizenkot a déclaré que cette mesure reflète également le déclin du soutien des Libanais au Hezbollah, et a souligné que « le Hezbollah commence à ressentir la pression financière et à avoir des gros problèmes d’ordre matériel ».

En réponse aux allégations qui laissent penser qu’Israël a l’intention d’attaque le Hezbollah, le chef d’état-major a déclaré que « nous n’avons aucune intention d’attaquer le Hezbollah au Liban de manière à entrer en guerre ».

« Cependant », a-t-il ajouté, « nous n’accepterons aucune menace stratégique contre Israël ».

Il a déclaré être satisfait des onze années de calme à la frontière libanaise, qu’Israël considère comme « des tentatives de l’Iran d’arriver à une escalade [de violence] », mais il a ajouté qu’il pense que c’est « improbable à ce stade ».