Le Consistoire de Paris, qui gère les affaires religieuses de la première communauté juive d’Europe, organise dimanche ses élections, a priori sans risque pour l’avenir de Joël Mergui sur son siège de président.

Près de 30 000 adhérents sont appelés à désigner 13 des 26 membres du conseil d’administration, renouvelé par moitié tous les quatre ans.

Le président – un laïc bénévole – sera élu par les administrateurs début 2018 et assurera une gouvernance bicéphale aux côtés du grand rabbin de Paris, actuellement Michel Gugenheim.

Établie par Napoléon en 1808, l’institution consistoriale, qui incarne le courant traditionaliste voire orthodoxe du judaïsme français, est considérée comme représentative du culte israélite, même si toutes les sensibilités (libérales et massorti notamment) ne sont pas sous sa tutelle.

Elle s’occupe des affaires religieuses, de l’entretien et la sécurité des synagogues à la formation des rabbins, la célébration des mariages et le règlement des divorces, l’accompagnement des défunts, les cours de Talmud-Torah, la certification de cacheroute (règles alimentaires), etc.

Joël Mergui, président du Consistoire, devant les députés français pour parler de l’abattage rituel et de la circoncision, à l’Assemblée nationale, le 23 juin 2016. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Un Consistoire central fédère les 16 consistoires régionaux. Celui de Paris et d’Île-de-France, région où vivent 60 % des Français juifs, est de loin le plus important, avec 25 millions d’euros de budget annuel – 12 fois celui du Consistoire central – et près de 300 salariés en équivalent temps plein. Il gère 82 communautés, sans compter une centaine d’oratoires et centres associés ou affiliés, à Paris, Sarcelles, Créteil…

Joël Mergui, 59 ans, président du Consistoire de Paris presque sans discontinuer depuis 2006 et du Consistoire central depuis 2008, n’est pas sortant dimanche.

Mais l’homme fort de l’institution consistoriale présente 13 candidats, dont six femmes, et conserve près de 10 alliés parmi les non renouvelables. Sa liste, « Osons le judaïsme », appelle à conforter son assise afin de « lutter contre toutes les formes d’antisémitisme et pour que s’épanouissent notre mode de vie juive et nos communautés ».

David Revcolevschi (Crédit : autorisation)

Face à lui, David Revcolevschi, 47 ans, espère créer la surprise en menant une liste de neuf candidats, « Notre Consistoire demain », sous le signe du renouvellement.

Il a reçu l’appui de l’écrivain Eliette Abécassis, sensible à une équipe qui « insiste sur la place des femmes dans l’étude et l’enseignement ».

Trois des 25 candidats se présentent individuellement : Evelyne Gougenheim, 61 ans, qui avait défié Joël Mergui lors de l’élection au Consistoire central en 2016, Marc Bensoussan, 68 ans et Sarah Hayem-Laiter, 33 ans.