Professeur d’histoire moderne à l’Université de Tel Aviv, celui qui a publié de nombreux livres sur Israël, souvent récompensés par des prix littéraires, apporte son soutien à l’initiative des deux assemblées législatives françaises qui visent à reconnaître la Palestine en tant qu’État.

Dans une interview accordée à RFI, l’ancien diplomate affirme « nous avons tous besoin au Proche-Orient d’un État palestinien. C’est la condition même de survie de l’État d’Israël. Dans le cadre d’un processus de paix moribond, le vote des différents parlements internationaux et de celui de l’Union européenne doit faire bouger les lignes. […] Tout ce qui a été fait jusqu’à présent à échouer, si nous ne faisons rien, nous risquons de continuer de cette manière ».

En novembre 2014, dans une lettre cosignée par 660 figures publiques israéliennes, Elie Barnavi a appelé les parlementaires européens à reconnaître immédiatement l’État palestinien.

Son dernier ouvrage « Dix thèses sur la guerre » est paru aux Éditions Flammarion en septembre 2014.

Les députés français votent mardi une résolution sur la reconnaissance de l’Etat palestinien, un texte non contraignant mais à forte portée symbolique.

Dans le sillage de leurs homologues britanniques et espagnols, les députés français vont à leur tour « inviter » leur gouvernement à reconnaître officiellement l’Etat palestinien, « en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ».

Cette résolution, initiée par la majorité socialiste et qui devrait être adoptée largement malgré l’opposition de la droite, a déjà suscité l’ire d’Israël.

Pour l’Etat hébreu en effet, la reconnaissance de la Palestine avant tout règlement du conflit est une « grave erreur », et procède d’une « décision unilatérale » qui ne peut qu’aggraver la situation.

En octobre, Israël avait fustigé la décision de la Suède, devenue le 135è Etat à reconnaître officiellement l’Etat palestinien.

L’initiative des députés français, si elle ne lie en aucun cas le gouvernement israélien, s’inscrit toutefois dans un mouvement plus global en Europe considérant la reconnaissance comme un moyen de faire pression pour relancer un processus de paix moribond et sauver la solution des deux Etats israélien et palestinien vivant côte à côte.

Lors d’un débat dans l’hémicycle vendredi, les orateurs socialistes ont insisté sur la nécessité d’agir face à un « statu quo intenable » et « l’impasse totale » de la situation au Proche-Orient.

Capture d’écran 2014 Roger Gérard Schwarzenberg (Crédit : LCP)

Capture d’écran 2014 Roger Gérard Schwarzenberg (Crédit : LCP)

L’opposition de son côté, favorable au principe d’un Etat palestinien, doute de l’opportunité d’une telle initiative dans un contexte explosif, et met en garde contre l’importation du conflit israélo-palestinien en France, pays qui abrite les plus fortes communautés juive et musulmane en Europe.

Paris travaille avec ses partenaires européens à un projet alternatif demandant la reprise du processus de paix mais visant à éviter « l’écueil des négociations sans fin », selon Laurent Fabius.

« Nous devrions fixer un calendrier car en l’absence de calendrier comment convaincre qu’il ne s’agira pas d’un énième processus sans perspectives réelles ? », a-t-il demandé devant les députés, mentionnant un délai de deux ans pour que la négociation aboutisse.