Le lauréat du prix Nobel et le survivant de l’Holocauste Elie Wiesel a annoncé son soutien envers le discours au Congrès du Premier ministre Benjamin Netanyahu en mars sur le programme nucléaire de l’Iran, et a déclaré qu’il envisagerait de participer à l’événement.

Reuters a indiqué que l’éminent rabbin Shmuley Boteach américain a annoncé jeudi qu’il mettrait une annonce d’une page entière dans le New York Times et le Washington Post mettant en vedette l’approbation de Wiesel.

Dans cette annonce, Wiesel demande, « Est-ce que vous me joindrez pour écouter l’argumentaire visant à refuser de donner des armes contre ceux qui prêchent la mort d’Israël et des Etats-Unis ? ».

« Il est le visage du meurtre de 6 millions de personnes », a expliqué Boteach à Reuters.

« Donc je pense que son opinion sur le discours du Premier ministre tirant la sonnette d’alarme au sujet du programme nucléaire iranien a une sorte d’autorité unique qui transcende le cirque politique qui affecte ce discours ».

Mais la polémique continue d’enfler autour de ce discours. Mercredi, au moins cinq législateurs noirs qu’ils ne se seraient pas présents lors de l’allocution de Netanyahu, indique Politico.

Trois membres éminents du Caucus noir du Congrès avaient déjà annoncé qu’ils ne seraient pas présents ce jour-là.

The Hill, quant à lui, a interrogé des démocrates juifs et a constaté que 14 démocrates juifs sur 27 assisteraient au discours de Netanyahu. Le seul républicain juif, Lee Zeldin (R-NY), s’est engagé à y assister.

Les tendances opposées chez les Noirs et les Juifs soulignent combien la visite divise le Congrès, avec les républicains qui accueillent la nouvelle de la visite avec plaisir et les démocrates affirmant que c’est une erreur.

Le Premier ministre israélien a accepté le mois dernier une invitation du républicain John Boehner (R-Ohio), le président de la Chambre des Représentants, à s’adresser au Congrès, et ce même si Boehner n’avait pas reçu d’autorisation du président Barack Obama ou des démocrates du Congrès à présenter l’invitation.

Boehner veut que Netanyahu réfute l’affirmation d’Obama, à savoir, que les pourparlers nucléaires en cours entre l’Iran et les grandes puissances sont constructifs.

Les démocrates juifs ayant des liens étroits avec la communauté pro-Israël ont exprimé leur colère et sont coincés entre les deux camps.

« Je suis profondément troublé que la politique ait été injectée dans cette relation durable qui a toujours été au-dessus de la politique, mais j’ai l’intention de m’y rendre », explique la sénatrice Barbara Boxer (D-Calif.) au The Hill.

Les législateurs noirs ont rejeté la visite qu’il considère comme un manque de respect envers Obama.

Charles Rangel (D-NY), bien connu pour ses positions pro-israéliennes et pour être l’un des fondateurs du Caucus noir du Congrès composé de 46 membres, a précisé sur Twitter qu’il pensait que le discours n’était pas raisonnable.

Joignant une photo dans laquelle il pose pour montrer sa désapprobation, Rangel écrit : « Bibi : si vous avez un problème avec la politique étrangère de notre POTUS rencontrez moi à l’AIPAC, mais pas sur le plancher du Congrès ». La conférence annuelle du Comité des Affaires publiques américaines et israéliennes se tiendra entre le 1er et le 3 mars.

Un certain nombre de groupes juifs ont déclaré que la visite n’était pas raisonnable et ont appelé Netanyahu et Boehner à la reporter. Mais Netanyahu a affirmé qu’il était déterminé à venir.

Deux des groupes soutenant le report du discours se sont affrontés mercredi pour décider de la meilleure façon de faire campagne pour obtenir gain de cause.

JStreet mène une campagne de pétition en ligne qui est accompagnée d’une photo peu flatteuse de Netanyahu où la légende dit : « Non, M. Netanyahu, vous ne parlez pas en mon nom ».

L’Anti-Defamation League, qui soutient également le report de l’allocution, a qualifié la campagne de J Street d’ « incendiaire et répugnante »

J Street a répliqué que la campagne faisait référence à la récente déclaration de Netanyahu où il affirme que sa campagne contre l’Iran, est faite au nom « de tout le peuple juif ».

Soulignant une tradition de longue date dans laquelle les dirigeants israéliens ont convenu de ne pas parler au nom des Juifs de la Diaspora, J Street a déclaré : « Le Premier ministre d’Israël ne peut pas parler pour l’ensemble de notre communauté ».