Un ministre éminent du Likud et l’ancien rédacteur en chef d’un des plus importants sites israéliens d’information ont témoigné jeudi dans le cadre de l’enquête portant sur des négociations illicites présumées qui auraient été menées entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le magnat des médias Noni Mozes.

Le ministre de l’Environnement Zeev Elkin et Eran Tiefenbrunn, ancien rédacteur en chef de Ynet, ont répondu aux questions des enquêteurs de l’unité policière spéciale Lahav 433 lors d’une dernière série d’interrogatoires portant sur des enregistrements secrets de conversations survenues en 2014 entre Netanyahu et Moses, directeur du journal Yedioth Ahronoth.

Ces conversations auraient porté sur un éventuel accord passé entre Netanyahu et Moses selon les termes duquel le chef du gouvernement se serait engagé à présenter une législation réduisant la circulation du quotidien pro-Netanyahu Israel Hayom en échange d’une couverture plus amicale de la part du Yedioth de Moses.

Elkin, considéré comme un allié proche du Premier ministre et président à l’époque de la collation, aurait été convoqué pour faire part d’éventuelles instructions données par le Premier ministre concernant un soi-disant “projet de loi Israel Hayom” interdisant la distribution à grande échelle du journal gratuit.

Cette législation aurait fait chuter la circulation d’Israel Hayom en obligeant les acheteurs à en acquérir des copies.

La semaine dernière, le ministre du Tourisme Yariv Levin, qui avait présidé la commission des Affaires internes de la Knesset durant la même période, a témoigné devant la police dans le cadre de la même enquête.

L’interrogatoire de Tiefenbrunn, qui a dirigé Ynet de 2013 et 2015, est survenu suite à des déclarations faites par Ron Yaron, rédacteur en chef du Yedioth Ahronoth, aux autorités chargées de l’enquête en début de semaine.

Moses a lui-même été interrogé à quatre occasions au moins au cours des quinze derniers jours.

La police n’a ni confirmé ni démenti les interrogatoires d’Elkin ou de Tiefenbrunn mais a expliqué au Times of Israel que sa politique était d’émettre des communiqués lorsque des personnalités publiques étaient interrogées en tant que suspects, suggérant que les deux hommes ont été entendus comme témoins.