Le secrétaire d’Etat américain à la Défense James Mattis a expliqué vendredi que l’Iran s’en tient aux termes de l’accord passé sur le nucléaire, ajoutant que cette convention passée entre la République islamique et les puissances mondiales « tient toujours et c’est tout ce que je peux dire à ce sujet ».

S’exprimant à Tel Aviv aux côtés de son homologue israélien Avigdor Liberman, Mattis a dit que les Iraniens « semblent respecter la partie de l’accord qui leur incombe ». L’accord sur le nucléaire « continue à être en vigueur », a poursuivi le chef du Pentagone.

Il a également toutefois mis en garde : « Cela n’atténue ni n’excuse les autres activités iraniennes dans la région, dont la guerre au Yémen qui continue et ce que le pays fait en Syrie » pour conserver au pouvoir le président Bashar al-Assad. « Mais l’accord sur le nucléaire tient toujours et c’est tout ce que je peux dire à ce sujet », a-t-il ajouté.

Ces commentaires surviennent quelques jours après que la Maison Blanche a certifié au Congrès américain que Téhéran se conforme – au moins au niveau technique – aux termes définis dans la convention, ce qui permet à l’Iran de continuer à connaître un allègement des sanctions à court-terme. Mardi, le président américain Donald Trump a estimé que l’Iran « n’était pas au niveau de l’esprit de cet accord ». Il a également ordonné que l’accord soit réexaminé par son Conseil de Sécurité national, même si le département d’état admet que, jusqu’à présent, l’Iran a respecté sa part du marché.

Dans son discours, Mattis a souligné que le régime iranien continue à menacer Israël et ses voisins « à l’aide de missiles balistiques, à travers ses activités maritimes et ses cyberactivités et par le biais de mandataires et de substituts, parmi lesquels le Hezbollah libanais, une organisation terroriste qui aide Assad à se maintenir au pouvoir ».

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman rencontre le secrétaire à la Défense américain James Mattis à Tel Aviv le 21 avril 2017 (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman rencontre le secrétaire à la Défense américain James Mattis à Tel Aviv le 21 avril 2017 (Crédit : Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

Liberman, pour sa part, a averti que l’Iran était le « principal problème » non seulement pour Israël mais pour le monde. Mais le ministre de la Défense n’a pas directement répondu à la question d’un journaliste qui lui demandait s’il cherchait à persuader les Etats-Unis de revenir sur l’accord iranien.

« J’espère qu’avec votre aide, nous serons en mesure de dépasser ces menaces et d’apporter la paix et la stabilité à cette région », a-t-il dit à Mattis.

Interrogé sur les armes chimiques syriennes, Mattis a expliqué qu’il n’y avait « aucun doute » sur le fait que le régime a conservé de tels stocks et il a mis en garde Assad contre leur éventuelle utilisation.

« Le résultat, c’est qu’il n’y a aucun doute dans l’esprit de la communauté internationale que la Syrie a conservé des armes chimiques en violation avec son accord et son affirmation qu’elle les avait toutes supprimées », a indiqué Mattis.

« C’est une violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies et il faudra que cela soit géré au niveau diplomatique, et il serait peu judicieux de tenter de les utiliser une nouvelle fois. C’est ce que nous avons établi clairement avec notre attaque ».

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, et le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, à la conférence de Munich sur la sécurité, le 17 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Le ministre de la Défense, Avigdor Liberman, et le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, à la conférence de Munich sur la sécurité, le 17 février 2017. (Crédit : Ariel Hermoni/ministère de la Défense)

Une évaluation faite par Israël a révélé que le régime d’Assad était encore en possession de « quelques tonnes » d’armes chimiques, a confirmé un responsable militaire.

Israël a fait partie des premiers pays à saluer Trump pour une frappe perpétrée contre une base aérienne en Syrie en raison d’une attaque chimiques présumée contre une ville détenue par les rebelles, qui a fait près de 90 morts.

Interrogé sur l’implication d’Israël dans les combats contre les forces de l’Etat Islamique qui opèrent dans le Sinaï, Liberman a déclaré que Jérusalem était satisfait des efforts livrés par l’armée égyptienne.

« Nous sommes heureux que les forces égyptiennes s’améliorent dans la lutte qu’elles mènent contre l’EI dans le Sinaï et nous constatons que leur dernière offensive s’est révélée très, très efficace », a-t-il déclaré, se référant à une attaque aérienne qui a eu lieu jeudi et qui a entraîné la mort d’un éminent chef religieux de l’EI et de 18 djihadistes.

La rencontre de vendredi a été la troisième entre les responsables de la défense américaine et israélienne depuis que l’administration Trump a pris le pouvoir au mois de janvier.

« Les Etats-Unis maintiennent leur engagement absolu et sans faille envers la sécurité en Israël et envers son avantage qualitatif militaire face à l’Iran ou aux autres menaces », a dit Mattis.

Israël et les Etats-Unis entretiennent des liens stratégiques étroits depuis longtemps, et Washington fournit à l’état juif plus de 3 milliards de dollars par an dans le secteur de l’aide à la défense. Trump a par ailleurs promis un soutien indéfectible au pays.

Mattis devrait rencontrer vendredi après-midi le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président Reuven Rivlin.

Mattis a également indiqué vendredi qu’il était heureux de la confirmation au Sénat de David Friedman au poste d’ambassadeur américain en Israël et que le nouvel envoyé déménagera au sein de l’état juif le mois prochain.