Selon un communiqué de la présidence israélienne, la Première dame, Nechama Rivlin, a rencontré lundi les femmes qui ont été victimes d’agressions ou d’abus sexuels, qui ont choisi de raconter leurs histoires à travers un article spécial publié dans le magazine pour les femmes ‘La-Isha’ qui était consacré à ce sujet, en l’honneur de la Journée internationale de la femme qui aura lieu mardi.

Les 22 femmes qui ont été interviewées pour le projet intitulé : « vous ne pouvez pas nous forcer à rester silencieuse » (qui en hébreu signifie littéralement : « vous ne pouvez pas nous violer pour nous réduire au silence ») représentaient les 22 lettres de l’alphabet hébreu – qui ont été utilisées pour remplacer le nom de la victime dans les affaires publiques d’agressions sexuelles.

Lundi, seize de ces 22 femmes ont assisté à une réunion avec la femme du président.

Mme Rivlin a déclaré : « la rencontre avec vous a été une expérience à mes yeux, vous êtes des héroïnes courageuses. Vous allez de l’avant malgré la blessure douloureuse. Il y a un tremblement de terre qui se passe au sein de la société israélienne en ce qui concerne la volonté des femmes, qui ont été blessées, harcelées et victimes de violences sexuelles, à s’exprimer et à témoigner afin d’éviter la prochaine victime. A peine un jour ou une semaine ne se passent sans qu’une femme courageuse ne se lève et lève le voile. On découvre presque toujours qu’elle n’était pas la seule, que l’agresseur a également attaqué d’autres amies ou collègues ».

« Personne n’a le droit de toucher votre corps sans votre consentement ou en vous imposant leur autorité », a souligné Mme Rivlin et a ajouté : « Si vous avez été blessée, vous n’êtes pas seule. Avant toute chose, parlez à vos amis. Trouvez le lieu pour exprimer votre douleur. Révélez [son histoire] est difficile, cela révèle le traumatisme caché mais c’est seulement à travers cela que vous serez en mesure de continuer à vivre votre vie et ne pas marcher dans l’obscurité ».

La femme du président a ajouté : « je sais que nous avons parcouru un long chemin mais il reste encore un long chemin à parcourir. Je suis sûre que la couverture de cette histoire va provoquer de nombreuses réactions. S’il y a des portes encore fermées et il y en a certainement, derrière lesquelles les femmes ont peur ou se cachent, vos histoires aideront à faire sauter les verrous et à marcher avec fierté ».

Les 16 participantes à la réunion – Ruth Okashi, Karin Hodaya Shimoni, Mali Lev Marcus, Maya Ohev Ami, Daphna Argaman, Patricia Dor, Becky Seidman, Frida Mitelpunkt, Talia Weinberger, Shani Shtalryd, Uri Caspi, Rotem Elisée, Aude Abitbol, Keren Estrin, Racheli Greenberg et Adi Tannenbaum, se sont présentées, et chacune à son tour, ont raconté l’histoire de leur agression sexuelle qu’elles ont endurées, la force et l’énergie dont elles ont eu besoin pour révéler leurs histoires et la puissance que la révélation leur a donné, après quoi elles se sont senties fières d’elles-mêmes ».

Racheli Greenberg (22 ans) a été sexuellement agressée à l’âge de 12 ans par un enseignant. Elle a dit aux femmes lors de la réunion qu’elle espérait que la réunion et que la couverture de son histoire augmenterait la sensibilisation des autres femmes affectées.

« Il y a des femmes qui sont maintenant dans l’obscurité. J’espère que cela donnera à beaucoup plus de femmes en Israël le pouvoir de comprendre qu’elles ne sont pas coupables et qu’il y a de la lumière. Nous n’avons pas à avoir honte, nous sommes les victimes et c’est à eux d’avoir honte, pas nous ».

Rotem Elisha (18 ans), a été violée à l’âge de 12 ans par un voisin. Elle a parlé de la façon dont elle a été emprisonnée pendant six mois après quoi, il est retourné vivre à côté de chez elle. Elle a expliqué : « j’ai repris le contrôle de moi-même en révélant mon histoire personnelle. Tous ceux qui ont été blessés ne devrait pas rester silencieux mais devraient en parler ».

Daphne Argaman (51 ans), a été agressée sexuellement par son père entre l’âge de 12 et 14 ans. « La personne qui m’a blessée était mon père. Je suis heureuse de partager ici au cours de cette réunion que je me suis pardonnée complètement. Je pense que je suis saine et belle. Je ne ressens aucune culpabilité ni de honte et je ne suis pas déçue de moi-même. Je suis fière de moi-même ».

Oude Abitbol (27 ans), a été agressée sexuellement par un ami proche à l’âge de 19 ans. Elle a confié : « J’ai été violée par un bon ami à moi. Pendant l’agression, j’étais seule et à travers ce projet, j’ai reçu tous les câlins que je n’avais pas reçu à l’époque. Je ne me sens pas comme une victime mais plus forte que jamais ».

La femme du président a répondu avec émotion à ces femmes. Elle s’est tournée vers toutes les femmes dans la pièce et leur a dit : « vous êtes belle, vous êtes toutes belles à l’intérieur comme à l’extérieur ».

Pendant l’événement, Miriam Nofach Moïse, la rédactrice en chef de la revue a présenté à Mme Rivlin une photo encadrée de la page de couverture en reconnaissance de l’événement.