Une femme a porté plainte contre un chanteur israélien qui s’apprête à être récompensé, indiquant qu’il l’a agressée sexuellement il y a 25 ans, quand elle avait 17 ans.

La femme, également chanteuse, a demandé au ministre de l’Éducation Naftali Bennett de ne pas accorder le prestigieux Prize for Jewish Culture à Shlomo Gronich.

« Depuis que j’ai appris que le ministère de l’Éducation avait l’intention de décerner à Gronich un Lifetime Achievement Award, je n’arrive pas à trouver de répit », a écrit la femme à Bennett.

« J’ai été dépêchée pour le rencontrer au nom d’un groupe de jeunes dont je faisais partie, et il s’est permis de ramener des éléments sexuels totalement déplacés dans la conversation, et a soudainement touché ma poitrine de façon très humiliante. Monsieur le ministre, merci d’annuler ce prix », a-t-elle écrit.

La femme, dont l’identité n’a pas été révélée dans les médias israéliens, a lancé une campagne médiatique pour diffuser ses accusations, dans l’espoir que d’autres victimes, qu’elle dit connaître, se manifestent. Elle a commencé cette campagne il y a quelques semaines, après que Gronich a été nommé pour ce prix.

Gronich, 68 ans, est en passe de recevoir un prix d’une valeur de 150 000 shekels lors d’une cérémonie lundi soir.

Le ministre de l’Éducation, qui décerne ce prix, a indiqué qu’il étudiera ces allégations.

« J’ai eu vent d’information de la part d’autres femmes, des informations dramatiques, mais je ne veux pas porter atteinte à leur vie privée » a écrit la femme dans une publication Facebook, selon la Deuxième chaîne. « Nous briserons l’omerta qui entoure cette histoire. Peut-être que cela enlèvera la pierre qui pèse sur nos cœurs. Les agresseurs et les violeurs ne méritent aucun prix. »

La femme a raconté au site Ynet lundi que Gronich était venir voir une représentation du groupe dont elle faisait partie, et elle lui aurait dit qu’elle avait écrit une chanson qu’elle voulait mettre en musique. Il l’a conviée chez lui, et ils ont regardé un film ensemble, en mangeant du raisin. »

« Pendant le film, il a pris un raisin et l’a fait rouler sur ma poitrine. J’étais choquée. Je me suis levée et j’ai pris un taxi pour rentrer chez moi », a raconté la femme.

Le poète Meir Wieseltier, une connaissance de Gronich, a rejeté ces allégations lundi, suggérant que la femme cherchait à punir Gronich, qui aurait critiqué ses talents de chanteuse.

« Il semble que la plaignante se venge parce qu’il l’a blessée en disant qu’elle ne serait jamais chanteuse », a-t-il déclaré à la radio militaire.

La police a déclaré qu’elle doit déterminer si un crime a été commis, sur la base des déclarations de cette femme, et si le délai de prescription s’applique. La police n’a pas encore décidé si Gronich sera convoqué pour être interrogé, a indiqué Haaretz.