Pendant que l’on regardait les cyclistes du Tour de France pédaler à travers la campagne française, grimper et redescendre les montagnes pentues, on pouvait aussi voir de magnifiques images pittoresques et paisibles d’Israël. C’est le résultat d’une campagne publicitaire du ministère du Tourisme israélien, qui est tombée au mauvais moment.

L’accord passé avec la chaîne Eurosport, qui diffusait des films publicitaires pendant des périodes de grandes écoutes du Tour de France, était censé pousser les personnes actives et aisées à considérer Israël comme une destination potentielle pour leurs vacances. Mais en plein milieu de combats intenses avec Gaza et de grandes tensions avec les Palestiniens de Cisjordanie, la tentative de montrer qu’Israël est une belle destination sans danger ne peut dignement concurrencer les images de roquettes et de frappes aériennes des journaux du soir.

« Si on avait eu la possibilité de repousser [la campagne], on l’aurait probablement fait », explique Pini Shani, le directeur adjoint du marketing au ministère du Tourisme. Il explique que le contrat avec Eurosport les empêchait d’effectuer des changements une fois que la campagne était lancée. Selon Ynet, ce contrat leur a coûté un million de dollars. En échange, la chaîne doit diffuser pendant un an les publicités [du ministère] avec une hausse des diffusions lors d’évènements spéciaux comme le Tour de France. La diffusion de la publicité s’est arrêtée dimanche, le dernier jour du Tour de France.

Shani ajoute que le ministère du Tourisme ne fait pas de promotion active en temps de guerre. « Si quelqu’un voit des roquettes tomber sur Israël au journal et qu’ensuite nous leur disons, ‘Regardez ! C’est un endroit tellement merveilleux’ – bien sûr que c’est un message
ambigu ».

Beaucoup de personnes ont critiqué sur les médias sociaux la décision d’Eurosport de collaborer avec le ministère du Tourisme, surtout au regard de la situation actuelle.

Le ministère du Tourisme doit déjà faire face à la baisse considérable de touristes à cause de cette situation. Mardi, on a déclaré qu’il y avait une baisse de 13 % des entrées des touristes à l’aéroport Ben-Gurion les trois premières semaines de juillet.

Le ministère du Tourisme a annoncé mardi aussi qu’il allait créer une commission spéciale pour évaluer les dommages économiques de l’opération Bordure protectrice sur les divers commerces liés au tourisme. Elle présentera son rapport dans 21 jours. Elle pourrait faire des recommandations telles que la baisse des impôts municipales ou une indemnisation pour les commerces dont les employés ont été appelés à combattre ou qui ont dû employer des agents de sécurité.

Lors des conflits précédents, comme l’opération Plomb durci, l’économie touristique a mis un an pour retrouver son niveau d’avant-guerre. Cependant, avec l’opération Pilier de défense, cela a pris uniquement trois à quatre mois. Cela est probablement dû au fait que la campagne a duré moins longtemps, ajoute-t-il.

« Nous faisons tout ce que nous pouvons pour minimiser les
dommages », affirme Shani. Il ajoute que le ministère projette de lancer une campagne publicitaire mondiale à grande échelle en septembre.

« Tout le monde est invité à venir en Israël au lendemain de la guerre », déclare-t-il. « Ecoutez, ils sont même invités à venir dès aujourd’hui mais ce n’est pas le message qu’ils veulent entendre ».