Des représentants d’organisations de la droite polonaise ont déposé une demande auprès de l’Institut national du Souvenir pour reprendre l’enquête sur un pogrom de 1946, déclarant que l’antisémitisme n’en était pas la cause.

Dans la demande soumise cette semaine, ils affirment que les meurtres du pogrom de Kielce, pendant lequel 42 juifs polonais ont trouvé la mort, ont été commis par des officiels communistes, et non par la police de la ville et ses habitants.

Selon ces groupes, la majorité des victimes sont morts suite à des tirs d’armes militaires, qui leur fait dire que la responsabilité du massacre ne devrait pas être attribuée aux résidents de Kielce.

Six représentants d’organisations de droite et nationalistes à Kielce ont signé cette demande. Il s’agit de Małgorzata Soltysiak, Wojciech Zapala, Michal Sadko, Karolina Lebiedowicz, Karol Michalski et Filip Bator.

« Ceux qui ont signé cette demande sont connus depuis des années comme des personnes niant la réalité du pogrom », a expliqué Bogdan Bialek, président de l’association Jan Karski de Kielce, à JTA.

Bialek a ajouté qu’il n’y avait pas de nouveaux documents sur le massacre. Son association a récemment organisé une exposition sur le sujet, contenant des rapports de l’examen post-mortem des victimes qui montraient que les juifs avaient été tués avec des barres de fer, des cannes, des pierres et des pavés.

« La façon dont les demandeurs justifient leur pétition est une insulte aux victimes », a déclaré Bialek.

Ce pogrom, un an après la fin de la Seconde guerre mondiale, s’était déroulé alors qu’environ 200 juifs, pour beaucoup des anciens habitants de Kielce, rentraient des camps de concentration nazis, de l’Union soviétique et d’endroits où ils avaient trouvé refuge. La ville avait été vidée de ses juifs par les nazis pendant la Shoah.

Le pogrom avait commencé par l’enlèvement d’un garçon polonais, qui avait réapparu deux jours plus tard, affirmant qu’il avait été kidnappé par un homme juif. 42 ans plus tard, l’enfant s’était rétracté.