Il n’y aura peut-être jamais de déluge au sens biblique – du moins pas de sitôt – mais cela n’a pas empêché une université, en Russie, de lancer un équivalent moderne de l’arche de Noé.

Exploitant une des plus importantes subventions scientifiques jamais obtenues, l’Université d’Etat de Moscou va se lancer dans un projet de collecte afin de préserver le matériel génétique de la totalité de la vie sur Terre et des créatures disparues.

Selon un rapport publié dans Russia Today, vendredi, le projet n’est pas seulement une métaphore de la Bible : elle comprendra une « arche » réelle de 430 mètres carrés située sur l’un des principaux campus de l’université.

La structure abritera une base de données de matériel génétique cryogénisé venant d’autres départements de l’université, y compris le Musée Zoologique, le Musée d’anthropologie, et le Jardin botanique, fait savoir le rapport.

« J’appelle le projet ‘Arche de Noé’ : il s’agit d’une base de données pour le stockage de toute chose vivant sur Terre, pas seulement vivant, mais répertoriant aussi des organismes disparus. C’est le défi que nous nous sommes fixés », a fait savoir le recteur de l’Université d’Etat de Moscou Viktor Sadivnichy.

« Cela nous permettra de cryogéniser et de stocker divers matériaux cellulaires, qui peuvent ensuite être reproduits. Elle contiendra également des systèmes d’information. Tout ne doit pas être conservé dans une boîte de Pétri », a-t-il ajouté.

On ne sait pas comment l’université va recueillir le matériel génétique des espèces disparues, en raison de la rareté des spécimens fossilisés contenant de l’ADN qui peuvent être séquencés.

Sadivnichy estime que la base de données serait liée à des projets similaires en Russie et éventuellement à l’extérieur du pays.

« Si cela se réalise, ce sera un saut dans l’histoire russe. La Russie sera le premier pays à créer une Arche de Noé des organismes vivants », a-t-il assuré.

Le projet aurait une garantie d’un milliard de roubles de financement, soit l’équivalent de près de 19 millions de dollars.

L’initiative russe rejoint d’autres tentatives, y compris un projet britannique avec plus de 28 000 échantillons d’ADN [dont plus de 7 000 provenant d’espèces très menacées] et celui du zoo de San Diego, où une bibliothèque contient 8 400 échantillons de 800 espèces, a rapporté le Daily Mail.