Le procureur général a ordonné lundi une enquête criminelle sur les dépenses irrégulières à la Résidence du Premier ministre, mais a déclaré que ni le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, ni sa femme, Sara, n’étaient considérés comme suspects.

L’enquête portera sur les fonctionnaires de niveau intermédiaire au cabinet du Premier ministre, y compris le directeur général adjoint pour les opérations, Ezra Saidoff, et sera menée par Lahav 433, l’unité des crimes importants de la Police israélienne.

Le procureur général Yehuda Weinstein a déclaré qu’il remettrait les preuves concernant Saidoff à la Commission de la fonction publique, l’unité chargée de superviser le personnel du gouvernement, pour qu’ils étudient sa suspension.

La décision de lancer l’enquête fait suite à la recommandation du procureur de l’Etat, après que des allégations ont été soulevées dans un rapport datant du mois de février par le contrôleur de l’Etat Yossef Shapira qui détaillait les dépenses élevées de Netanyahu et de son épouse à leur résidence officielle à Jérusalem, ainsi que dans leur maison privée située à Césarée. Le rapport a également évoqué de possibles méfaits criminels du couple.

L’enquête a révélé plusieurs irrégularités présumées, y compris au moment de l’embauche de l’électricien Avi Fahima, un membre du Comité central du Likud.

Un comité chargé de superviser les dépenses de la résidence – et qui comprenait le conseiller juridique du bureau du Premier ministre – avait statué contre l’embauche de Fahima, mais a été tout de même embauché.

Le procureur général Yehuda Weinstein au ministère de la Justice à Jérusalem, le 17 mai 2015 (Crédit : Dudi Vaknin / Pool)

Le procureur général Yehuda Weinstein au ministère de la Justice à Jérusalem, le 17 mai 2015 (Crédit : Dudi Vaknin / Pool)

Dans le cas de Fahima, le rapport du contrôleur de l’Etat a critiqué Sara Netanyahu qui a commandé les services de l’électricien aux frais de la population sans aucune vérification externe du caractère nécessaire de ces services, ou toute confirmation qu’elles ont été réalisées.

Pendant plusieurs mois, en 2010, s’est aperçu le contrôleur, Fahima n’a pas donné de factures pour son travail, et aurait reçu une somme d’argent beaucoup plus élevée que celle qui était apparue sur les devis initiaux.

Sur la base du rapport du Contrôleur de l’Etat, des accusations criminelles pourraient également être portées par le procureur car Sara Netanyahu a empoché quelque 4 000 shekels des remboursements des bouteilles pour le recyclage.

Le rapport contient également les accusations selon lesquelles elle a acheté un ensemble de meubles de patio identique à ceux du patio de la résidence officielle, qui a ensuite été livré à la résidence privée de Netanyahu.

Le rapport sur les dépenses de la résidence du Premier ministre a été publié au milieu de la campagne électorale et a constaté que la résidence a fonctionné pendant des années sans un budget audité. Il a soulevé des questions au sujet de l’utilisation des fonds publics, qui ont été dépensés pour – entre autres – l’entretien de la piscine de Netanyahu à leur domicile privé en Césarée.

Le rapport a également noté que depuis 2013 – lorsque la critique a conduit à une sensibilisation accrue de la question au sein du personnel du Premier ministre – un budget systématique audité a été institué et les dépenses ont diminué de façon abrupte.

Des plaintes ont été soulevées au cours de la dernière année par l’ancien gardien de la résidence du Premier ministre, Menny Naftali, qui a accusé Sara Netanyahu d’abuser du personnel de la résidence, entre autres méfaits. Il poursuit les Netanyahu et Saidoff pour obtenir des dommages et intérêts.

David Shimron, l’avocat de la famille Netanyahu, a déclaré après la publication du rapport du contrôleur de l’État que Naftali n’était pas un témoin crédible, et a ajouté que le rapport « mineur » ne contient pas des allégations sur un comportement criminel.

Shimron a poursuivi en affirmant que tout ce scandale était le fruit d’ « une très grande campagne … [menée] par de très grandes forces … conçues pour renverser » le Premier ministre.