Enquêteur : nous ne savons toujours pas quels incendies étaient criminels
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Enquêteur : nous ne savons toujours pas quels incendies étaient criminels

Malgré les proclamations des politiques et la police, la plupart des suspects ont été libérés et il n’y a eu que 2 inculpations, selon la Deuxième chaîne

Herzl Aharon, responsable de l'enquête sur les incendies qui ont balayé Israël en novembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Herzl Aharon, responsable de l'enquête sur les incendies qui ont balayé Israël en novembre 2016. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Le directeur de l’enquête sur la vague d’incendies qui a balayé Israël le mois dernier a cherché samedi à minimiser les accusations d’incendies criminels, et a ainsi jeté le doute sur les cris de « terrorisme par le feu » des politiques.

« Quand je ne sais pas, je dis que je ne sais pas. Je n’ai pas honte, même ‘je ne sais pas’ est une réponse », a déclaré Herzl Aharon, enquêteur responsable des incendies, selon la Deuxième chaîne.

« Nous ne savons toujours rien. J’aimerais avoir une direction, a déclaré Aharon. Je vais dans un endroit, et j’ai une idée. Et puis je vais dans un autre, et tout change. C’est ce que l’on appelle une illusion de la topographie, le chahut des régions montagneuses, et c’est très difficile d’enquêter. »

La police israélienne avait déclaré jeudi que 29 des 39 incendies les plus graves étaient considérés comme des incendies criminels ou présumés criminels, et que dans des dizaines d’endroits, un feu allumé délibérément ne s’était pas propagé.

Mardi, la police avait arrêté 35 personnes pour des présomptions de pyromanie ou d’incitation à la pyromanie.

Les flammes d'un feu de forêt qui a dévasté Haïfa le 25 novembre 2016, entraînant l'évacuation de dizaines de milliers d’habitants. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)
Les flammes d’un feu de forêt qui a dévasté Haïfa le 25 novembre 2016, entraînant l’évacuation de dizaines de milliers d’habitants. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité intérieure, avait déclaré qu’entre 30 et 50 % des 39 incendies les plus importants listés par la police avaient probablement été allumés intentionnellement.

La Deuxième chaîne a cependant annoncé samedi que seulement dix personnes étaient toujours détenues pour des incendies criminels présumés, et que les autres avaient été libérées.

Seules deux inculpations ont eu lieu, dont l’une pour des feux de poubelle. Il n’y a pas de suspect pour les incendies les plus importants et les plus dangereux de Haïfa et Zichron Yaakov, a annoncé la chaîne, ni même de preuve qu’ils soient d’origine humaine.

L'incendie fait rage autour de Zichron Yaakov, le 22 novembre 2016. (Crédit : Porte-parole de la police israélienne)
L’incendie fait rage autour de Zichron Yaakov, le 22 novembre 2016. (Crédit : Porte-parole de la police israélienne)

« Nous ferions bien de renoncer dès que possible à la grande tradition israélienne de déterminer si quelque chose est un incident terroriste bien avant que cela ne soit prouvé », a déclaré Yoram Schweitzer, expert en contre-terrorisme à l’Institut pour la recherche en sécurité nationale.

« Nous devrions attendre patiemment, malgré les cris de la foule et la ferveur des politiques à désigner des groupes entiers, alors qu’il est clair que ces actes ont été commis par des individus, puisque cela n’aide que ceux qui veulent provoquer. »

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