Au troisième jour de l’opération Bordure Protectrice, la fin de ce conflit n’apparaît nulle part en vue. Le Hamas a tiré des centaines de roquettes sur Israël, atteignant des zones éloignées et inattendues comme Dimona, Mitzpe Ramon, et Zichron Yaakov. Les attaques, cependant, n’ont pas attenté à des vies israéliennes.

L’aviation israélienne a, pour sa part, bombardé des centaines de cibles dans la bande de Gaza, sans causer de dommages substantiels aux stocks de roquettes du Hamas ou à sa structure de commandement.

Jérusalem a souligné que nous sommes au début d’une longue campagne, alors que le Hamas réitérait les mêmes conditions pour un cessez-le-feu qu’il fixait mardi. Il exige qu’Israël remette 56 prisonniers qui ont été libérés dans le cadre de l’accord Gilad Shalit en 2011 et qui ont été arrêtés une seconde fois après l’enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens le 12 juin.

La libération de ces prisonniers est devenue la question centrale pour le Hamas – un genre d’échappatoire – comme on le voit dans les allusions données à cet effet par le chef de son bureau politique Khaled Mashaal, les déclarations de son aile militaire (Ezzedine al-Qassam), et les commentaires d’un haut responsable du Hamas qui a parlé, jeudi, avec le Times of Israel.

Cela peut indiquer un phénomène intéressant. La demande de libérer les prisonniers a été officiellement annoncée pour la première fois lors d’une conférence de presse mardi par le porte-parole de l’aile militaire du Hamas Abu Ubaidah, et non par sa direction politique.

Imaginez si le bureau du porte-parole de l’armée israélienne organisait une conférence de presse et fixait ses propres conditions pour un cessez le feu israélien. En d’autres termes, c’est la queue qui remue le chien dans la bande de Gaza.

Ce n’est donc pas ses dirigeants politiques qui dirigent le Hamas actuellement, comme Ismail Haniyeh ou Mahmoud al-Zahar, mais plutôt les commandants des Brigades Ezzedine al-Qassam – des hommes comme Marwan Issa, Mohammed Def, Raed al-Attar, et Yehye Snawar. Ils sont largement à l’initiative de l’escalade.

Jusqu’à présent, l’aile militaire du Hamas a réussi à contrôler et à diriger les tirs de roquettes avec une certaine efficacité. Il est évident que le système a été planifié pour permettre des tirs à longue portée sur une longue durée même sous le feu israélien. Les membres des Brigades Ezzedine al-Qassam ont simultanément essayé des infiltrations par la mer contre des cibles israéliennes à Zikim. Jusqu’à présent, cela n’a pas réussi à produire le résultat escompté.

Le problème d’Israël est que l’armée n’a pas encore marqué des réalisations exceptionnelles dans son offensive. Les chefs des Brigades Ezzedine al-Qassam se cachent dans les tunnels sous la bande, et même parmi les agents réguliers il n’y a pas eu de nombreuses victimes.

Ce qui pose un autre problème. La majorité des 76 personnes tuées (au moment de l’écriture de cet article) dans la bande de Gaza depuis le début de l’opération étaient des civils, mais pour beaucoup d’entre eux, des parents de terroristes dont les maisons ont été bombardées par l’aviation israélienne.

L’armée israélienne a émis un message d’avertissement aux terroristes, les exhortant à évacuer leurs maisons avant d’attaquer. Certains membres du Hamas et du Jihad islamique, cependant, ont décidé de se barricader dans leurs maisons avec leurs familles, en dépit des mises en garde, et le prix, en conséquence, a été de nombreuses victimes, des femmes et des enfants parmi eux.

Cette approche israélienne – avertir les objectifs de l’imminence des frappes – met encore en exergue un autre problème. Cela souligne que la mise en place de la défense en Israël n’a pas d’objectifs qualitatifs clairs, et se contente des maisons des terroristes, même s’ils sont absents de chez eux.

Cela peut paraître cynique, mais la seule menace politique posée au Hamas à Gaza vient maintenant des membres du Djihad islamique rival. Ce dernier tente de battre le Hamas dans la compétition pour savoir qui va tirer le plus et qui va réussir à tirer le plus loin. Le Jihad islamique a volé la vedette au Hamas quand il a réussi à lancer une fusée mercredi sur Tel Aviv, dépassant le Hamas de plusieurs heures. Qu’a fait le Hamas ? Il a haussé le ton en tirant encore plus au Nord.

Les Gazaouis regardent cette compétition violente se jouer devant eux avec un certain étonnement. Le Jihad islamique est occupé à lancer des roquettes sur Israël, souvent sur ​​les mêmes sites où des agents du Hamas tentent de faire la même chose, et l’objectif principal des deux groupes devient de tirer le premier…