Le ministre de la Sécurité intérieure, Gilad Erdan, a promis mardi de bloquer l’adoption de toute loi qui entrave le travail de la police, et a demandé à ce que les forces de l’ordre soient tenues à l’écart des querelles politiques.

S’exprimant lors d’une conférence sur la sécurité au Conseil régional de Nahal Sorek à laquelle assistait également le chef de la police Roni Alsheich, Erdan a appelé au calme après les récentes tensions sur un projet de loi interdisant à la police d’inclure des recommandations à la fin des enquêtes.

« Je ne permettrai pas l’avancement de la législation qui pourrait avoir un impact sur le travail de la police », a-t-il déclaré. « Dans la démocratie israélienne, il est très important que la police israélienne soit un organe indépendant, impartial et détaché. De la même manière, il existe dans la démocratie israélienne un engagement envers une législature qui supervise le pouvoir exécutif, et supervise également la police israélienne. L’équilibre entre les autorités devrait être maintenu.  »

Le projet de loi, proposé par le député du Likud David Amsalem, a été adopté en lecture préliminaire à la plénière de la Knesset cette semaine.

La législation fait face à l’opposition d’Alsheich et du procureur général Avichai Mandelblit. Dans le cadre de la pression publique croissante sur la police par les partisans du projet de loi, Amsalem a également déclaré la semaine dernière qu’il chercherait à réduire les salaires du chef de la police et à relever ceux du Premier ministre. Le président de la coalition, le député David Bitan (Likud), tout en soutenant le projet de loi sur l’enquête policière, a rapidement déclaré qu’il ne soutiendrait pas la modification des salaires et a affirmé qu’Amsalem n’avait pas présenté une telle proposition.

Roni Alsheich, chef de la police israélienne, pendant une réunion de l’association du barreau israélien, à Tel Aviv, le 30 août 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Le projet de loi fait partie d’une série d’efforts législatifs récents des politiciens de la coalition qui, selon les critiques, visent à rendre plus difficile pour les procureurs l’inculpation de responsables publics. Il intervient alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait l’objet d’une enquête dans deux affaires de corruption.

Netanyahu a également critiqué Alsheich, accusant le chef de la police de divulguer délibérément des informations sur les enquêtes menées contre lui.

S’adressant aux journalistes lors de la conférence, Alsheich a déclaré qu’il n’était toujours pas certain du but du projet de loi.

Bien que la police ne recommande pas expressément de déposer des actes d’accusation, elle fournit aux procureurs un résumé qui indique s’il existe des preuves suffisantes qu’un crime a été commis.