Erdogan appelle à reconnaître Jérusalem-Est comme « capitale » de la Palestine
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Erdogan appelle à reconnaître Jérusalem-Est comme « capitale » de la Palestine

Le président turc avait récemment affirmé que son pays "n'abandonnera pas Jérusalem à la merci d'un Etat terroriste qui tue des enfants"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan après son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan après son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 19 septembre 2017. (Crédit : Drew Angerer/Getty Images/AFP)

Le chef de l’état turc Recep Tayyip Erdogan a appelé mercredi à la reconnaissance de Jérusalem-Est comme « capitale de la Palestine », en réaction à la reconnaissance de la Ville sainte comme capitale d’Israël par Washington la semaine dernière.

« J’invite les pays qui défendent le droit international et la justice à reconnaître Jérusalem occupée comme capitale de la Palestine », a déclaré le chef de l’Etat turc lors de l’ouverture d’un sommet extraordinaire de l’Organisation de coopération islamique (OCI) à Istanbul.

« Israël est un Etat d’occupation. De plus, c’est un Etat terroriste », a-t-il également lancé, répétant que Jérusalem est « une ligne rouge ».

Avec la décision prise par le président américain Donald Trump, « Israël a été récompensé pour toutes les activités terroristes qu’il mène. C’est Trump qui a délivré cette récompense », a poursuivi M. Erdogan, assurant qu’il ne « renoncera jamais » à exiger une « Palestine souveraine et indépendante ».

Le 10 décembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan affirme que son pays « n’abandonnera pas Jérusalem à la merci d’un Etat terroriste qui tue des enfants ». M. Netanyahu rétorque qu’il n’a « pas de leçon de moralité à recevoir d’un dirigeant (…) qui bombarde les Kurdes et aide des terroristes ».

« Nous, qui reconnaissons Jérusalem-Est comme capitale de la Palestine, devrions inciter les autres pays à reconnaître l’Etat palestinien sur la base des frontières de 1967 et avec pour capitale Jérusalem-Est », a de son côté déclaré le chef de la diplomatie turque Mevlüt Cavusoglu à l’ouverture d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de l’Organisation de coopération islamique (OCI), une structure panislamique qui compte 57 membres.

« La communauté des musulmans ne saurait garder le silence face à cette décision. Cette décision prise par les Etats-Unis est nulle et non avenue », a ajouté M. Cavusoglu.

Président en exercice de l’OCI, M. Erdogan espère unifier le monde musulman derrière sa ligne de fermeté face la décision américaine.

Mais la tâche s’annonce difficile, alors que le monde musulman est profondément divisé et que plusieurs pays de la région, comme l’Arabie saoudite, tentent de cultiver de bons rapports avec l’administration Trump sur fond d’hostilité commune envers l’Iran.

Le 6 décembre, le président américain a affirmé que « les vieux défis nécessitent une nouvelle approche ». « Il est temps d’officiellement reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël », déclare-t-il, passant outre aux mises en garde venues de toutes parts et marquant une rupture avec ses prédécesseurs. Il ordonne de préparer le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas pendant une conférence de presse conjointe au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas juge que les Etats-Unis sapent « délibérément tous les efforts de paix » et abandonnent leur rôle historique de « sponsor du processus de paix ».

Le mouvement terroriste palestinien du Hamas, qui appelle à un « jour de colère », juge que l’annonce ouvre « les portes de l’enfer » pour les intérêts américains dans la région.

La mesure américaine a provoqué des manifestations dans plusieurs pays du Proche-Orient, et des violences dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem.

En froid avec la Turquie, mais ne pouvant esquiver un sommet consacré à Jérusalem, l’Egypte a envoyé à Istanbul son ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukry.

L’Arabie saoudite a annoncé qu’elle serait représentée à la réunion des chefs de la diplomatie par son ministre d’Etat en charge des Affaires étrangères, Nizar Madani, mais le niveau de sa représentation au sommet lui-même n’était pas encore connue mercredi matin.

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