Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déploré mardi que la jeunesse turque ignore tout ou presque des savants musulmans, mais sait tout des personnalités occidentales comme Albert Einstein.

« Si vous leur demandez qui est Einstein, chaque jeune a un mot à dire. Mais si vous leur demandez qui est Ibn Sina, la plupart d’entre eux ne le connaissent même pas », a regretté Erdogan lors d’une intervention mardi devant un forum d’enseignants à Antalya (sud).

Avicenne ou Ibn Sina, est un philosophe, écrivain, médecin et scientifique médiéval persan, et Albert Einstein le génie mondial de la physique et prix Nobel 1921.

Demandant le mois dernier aux écoles d’adopter une politique mettant en évidence la contribution de l’islam à la science et aux arts, Erdogan avait, une fois de plus, provoqué la controverse en affirmant que des marins musulmans avaient découvert le continent américain, bien avant le génois Christophe Colomb en 1492, une théorie défendue par une infime minorité de théologiens musulmans.

Une fois de plus, le président turc, fidèle à son discours volontiers provocateur, s’en est pris à la culture populaire et occidentale, se plaignant qu’en Turquie « des jeunes qui ont mémorisé les noms des stars étrangères de la musique pop, ne connaissent pas leur propre culture pour laquelle ils ont du dédain ».

« Ils peuvent écouter Beethoven, mais ils doivent aussi connaître Itri et Dede Efendi », les compositeurs ottoman turcs dont les œuvres sont imprégnées d’influences moyen-orientales, a ajouté l’homme fort de Turquie.