Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé lundi maintenir « pour l’instant » sa visite prévue en Iran la semaine prochaine, malgré la tension suscitée entre les deux pays par ses propos sur l’intervention militaire arabe au Yémen.

« Pour l’instant, il n’y a pas de changement dans notre programme (…), nous maintenons telle que prévue notre visite mais nous suivons de près (la situation au) Yémen », a dit M. Erdogan à la presse avant une visite en Slovénie et Roumanie.

La semaine dernière, le chef de l’Etat turc avait dénoncé sans détour la volonté de « domination » de l’Iran au Yémen en y soutenant l’intervention militaire lancée par l’Arabie saoudite et ses alliés contre les rebelles chiites soutenus par Téhéran.

« L’Iran déploie des efforts pour dominer la région (…) ses agissements dans la région dépassent les limites de la patience », avait-il déclaré.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, lui avait alors répondu en accusant Ankara de semer l’instabilité au Moyen-Orient.

Lundi, M. Erdogan a laissé entendre que la Turquie pourrait adopter « certaines mesures » au sujet de ce conflit, sans préciser lesquelles. « Pour la Turquie, les développements au Yémen sont très, très importants », a-t-il insisté.

M. Erdogan a prévu de se rendre le 7 avril à Téhéran pour une visite axée notamment sur la promotion des rapports commerciaux entre les deux Etats voisins.

La coalition menée par l’Arabie saoudite a entrepris le 26 février des raids contre des rebelles chiites, soutenus par l’Iran, qui ont pris le contrôle de la capitale, Sanaa, et de larges portions du territoire yéménite.

La Turquie ne participe pas militairement à l’opération conduite par les Saoudiens mais a décidé d’envoyer au Qatar, allié de Ryad, une mission de formation militaire et a évoqué, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, un partage de renseignements avec la coalition arabe.