Gardes toutes piques dehors, guerriers en cottes de mailles et fausses moustaches: le président turc Recep Tayyip Erdogan a accueilli lundi à Ankara le Palestinien Mahmoud Abbas entouré d’une étonnante escorte militaire qui a fait les délices des internautes.

Ne se limitant pas au traditionnel passage des troupes en tenue d’apparat, l’homme fort de Turquie a choisit de se faire photographier avec son invité du jour dans son nouveau et très controversé palais, au pied d’un escalier garni d’hommes en uniformes d’époque qui semblaient tout droit sortis d’un musée.

L’aspect un peu trop neuf des costumes a toutefois fait douter de leur authenticité sur les réseaux sociaux, qui ont raillé l’initiative du chef de l’Etat islamo-conservateur.

« Un cirque ottoman dans le palais », a ainsi moqué le célèbre éditorialiste Kadri Gürsel sur son compte Twitter.

D’autres utilisateurs du site se sont également empressés de détourner la photo officielle des deux responsables devant leur improbable escorte en y ajoutant des personnages de « La guerre des étoiles » ou de la saga Harry Potter.

L’agence de presse officielle Anatolie a volé au secours du président en expliquant doctement que ces 16 guerriers tape-à-l’œil représentaient chacun un des 16 empires de l’histoire turque, de l’empire hunnique jusqu’à celui des Ottomans (1299-1923), en passant par les ères mongoles et seldjoukides.

Volontiers nostalgique du glorieux passé de son pays, Erdogan a suscité la polémique en emménageant l’an dernier dans un palais flambant neuf, aussi gigantesque qu’onéreux. Le nouveau bâtiment compte 1.150 pièces et a coûté 490 millions d’euros.

Ses détracteurs ont vu dans ce palais une nouvelle illustration de la folie des grandeurs et de la dérive autoritaire qu’il reprochent au chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2003.

Erdogan a balayé ces critiques en assurant que ce palais n’était pas « une propriété privée » et qu’il concourait au « prestige de la Turquie ».