Le négociateur palestinien Saeb Erekat aurait accusé, dimanche, Israël de soutenir les dirigeants du Hamas à Gaza. Il a également prévenu que si les négociations de paix échouaient, les Palestiniens deviendraient « un État sous occupation [israélienne] ».

Devant le conseil de la fondation Yasser Arafat au Caire, en présence du ministre des Affaires Étrangères égyptien Nabil Fahmi et de l’ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, Erekat a averti que l’Autorité palestinienne (AP) pourrait cesser d’exister en l’absence d’un accord de paix avec Israël.

« Nous ne voulons pas démanteler l’Autorité palestinienne, qui a été créée en raison de la lutte palestinienne, mais la poursuite du statu quo est impossible », a déclaré Erekat, selon le quotidien égyptien Al-Youm A-Sabi.

Il a ajouté que si l’AP disparaissait, le Conseil National Palestinien (CNP), l’organe législatif de l’OLP, remplacerait le Conseil Législatif Palestinien, qui ne s’est pas réuni depuis le coup de force du Hamas à Gaza, en juin 2007.

Erekat a également accusé Israël de profiter de la division palestinienne et aurait affirmé que Jérusalem soutient le gouvernement islamiste du Hamas à Gaza.

« Alors que les Frères musulmans sont tombés en Égypte, le Hamas continue son œuvre à Gaza avec le soutien d’Israël », aurait déclaré Erekat.

Un membre du bureau d’Erekat a précisé au Times of Israel que les propos du négociateur palestinien avaient été déformés par le journal égyptien et qu’il n’avait pas accusé Israël de soutenir le gouvernement du Hamas.

Selon la source, Erekat aurait seulement affirmé que Jérusalem est le principal bénéficiaire du contrôle du Hamas à Gaza.

Ce n’est pas la première fois que le négociateur évoque une convergence d’intérêts entre le Hamas et Israël. Le 18 février, il a déclaré sur la radio palestinienne qu’en refusant qu’une force internationale remplace l’armée israélienne en Cisjordanie, le Hamas réclamait en fait « la poursuite de l’occupation, comme le veulent Netanyahu et l’extrême-droite israélienne. »

Yigal Palmor, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré qu’ « il ne commenterait pas chaque absurdité proférée par M. Erekat. »

Dans le même temps, le Hamas a accusé un tribunal égyptien d’ « alliance avec l’occupation [israélienne] » pour avoir placé le mouvement sur la liste des organisations terroristes.

Le 25 décembre, le gouvernement égyptien, soutenu par l’armée, a qualifié les Frères musulmans d’organisation terroriste, six mois après les avoir chassés du pouvoir.

Le Hamas [lié aux Frères musulmans, NDT] a affirmé que c’était la première fois dans l’histoire qu’un tribunal arabe formulait une telle condamnation, la qualifiant de « violation de toutes les normes nationales. »

« Qualifier le Hamas d’organisation terroriste est un qualificatif sioniste », a accusé le Hamas dans un communiqué de presse publié dimanche sur son site Internet. « La tendance qu’ont certains à adopter de tels qualificatifs montrent une alliance avec l’occupant et un soutien à l’occupation… Ce qui est attendu de notre nation est un soutien à la résistance palestinienne, pas sa condamnation. »

En plus d’Israël, les États-Unis, le Canada, l’Union européenne et le Japon font figurer le Hamas dans leur liste d’organisations terroristes.