Le négociateur en chef palestinien a accusé dimanche Israël de chercher « l’effondrement » de l’Autorité palestinienne en ne lui reversant pas les fonds qui lui sont dus.

Début janvier, Israël avait gelé le versement de 106 millions d’euros de taxes collectées chaque mois pour le compte de l’Autorité en riposte à la demande palestinienne d’adhésion à la Cour pénale internationale (CPI).

Rien n’est arrivé non plus en février et l’échéance de début mars approche à grands pas pour l’AP, politiquement moribonde, et désormais privée de plus des deux tiers de ses recettes budgétaires propres et incapable de payer ses quelque 180 000 fonctionnaires.

Le Premier ministre israélien Benjamin « Netanyahu veut une Autorité palestinienne sans autorité et retient maintenant l’argent pour qu’elle s’effondre », a accusé Saëb Erekat, sur la radio publique palestinienne.

« Cet argent n’est pas de l’argent israélien ni de l’aide internationale », a-t-il poursuivi, appelant à la communauté internationale à faire « bien plus » que publier des communiqués pour condamner cette sanction israélienne unilatérale.

Washington, « inquiet quant à la viabilité de l’Autorité palestinienne si elle ne reçoit pas des fonds rapidement », a récemment dit redouter une grave crise en cas d’effondrement de l’Autorité, une entité intérimaire née des Accords d’Oslo sur l’autonomie en 1993 et qui devait s’effacer en 1999 pour laisser place à un Etat qui se fait toujours attendre.

Dans la foulée de ces accords historiques, Israéliens et Palestiniens signaient en 1994 le protocole économique de Paris, aux termes duquel Israël s’engageait à reverser chaque mois aux Palestiniens les taxes douanières et la TVA prélevées sur les marchandises leur étant destinées et transitant par Israël.

Israël a toujours fini par reverser l’argent au plus tard sous deux mois.

Cette fois-ci, alors que les dirigeants israéliens, Netanyahu en tête, sont lancées dans la course aux législatives prévues le 17 mars et que les Palestiniens peuvent déposer leur première plainte devant la CPI pour « crime de guerre » contre des dirigeants israéliens à compter du 1er avril, experts et observateurs s’accordent à dire que ce délai pourrait être dépassé.