Le haut responsable palestinien Saeb Erekat a déclaré vendredi que l’Autorité palestinienne fera pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies pour qu’il vote la candidature de reconnaissance d’un Etat palestinien au plus tard lundi.

La proposition appelle à la reconnaissance d’un Etat palestinien et un retrait israélien aux lignes d’avant 1967 d’ici 2017. L’ébauche de la résolution fixe un délai de 12 mois pour un règlement définitif. Un accord de paix permanent paverait la voie à la création d’un Etat palestinien, avec Jérusalem comme capitale commune, selon le texte.

Erekat a indiqué que certaines modifications ont été apportées au texte rédigé par les Jordaniens, mais on ignore encore quels seront les articles qui apparaîtront dans la version finalisée, rapporté la radio israélienne. Le document n’a pas encore été publié.

La semaine dernière, la France, en collaboration avec la Grande-Bretagne et l’Allemagne, a présenté un texte différent sur une relance du processus de paix, mais il est difficile de savoir si cette initiative donnera des résultats ou si le texte jordanien comprend des éléments de la proposition des trois pays européens.

L’Autorité palestinienne a refusé de reporter le vote au lendemain des élections du 17 mars, malgré les pressions internationales. Des rapports récents indiquent que Kerry avait exhorté les Palestiniens à reporter le vote, redoutant que celui-ci renforce la droite israélienne avant le jour du scrutin.

Plus tôt cette semaine, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a averti que son administration « ne traiterait plus » avec Israël si la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à un accord de paix final échouait.

Dans l’intervalle, lors d’une interview avec Al-Arabiya vendredi, Erekat a fait une comparaison fantasmagorique entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du cruel groupe djihadiste État islamique, qui a conquis de larges pans de territoire en Irak et en Syrie – pillant les villages, tuant, violant et faisant esclaves des milliers de personnes pour imposer un islam extrémiste à ses sujets.

« Nous assistons à une guerre contre Daesh », a déclaré Erekat, en utilisant le sigle arabe du nom du groupe, « et c’est une guerre juste. Mais tout comme Abu Bakr Al-Baghdadi lui-même se considère comme le chef de l’Etat islamique, Benjamin Netanyahu contrôle l’Etat juif », a-t-il accusé lors de l’interview, dont une partie a été diffusée sur la Deuxième chaîne israélienne vendredi soir.

« Il n’y a pas de différence entre le crime de jeter à terre un journaliste américain ou occidental et le décapiter [comme le fait l’EI avec des journalistes et travailleurs humanitaires depuis septembre] et un criminel qui met à terre Mohammed Abu Khdeir et le brûle vivant », a-t-il affirmé, en référence à l’assassinat d’un adolescent palestinien de Jérusalem-Est cet été par des extrémistes juifs, comme acte de vengeance pour l’enlèvement et l’assassinat de trois adolescents israéliens en juin 2014.