Un responsable du Likud a confirmé jeudi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu gardait le portefeuille du ministère des Affaires étrangères pour lui-même, dans l’espoir de remettre plus tard le prestigieux poste au dirigeant syndical sioniste Isaac Herzog, s’il réussissait à le convaincre de rejoindre la coalition.

Nir Hefetz, chef de l’aile des relations publiques du Likud, a déclaré à Kol Israël jeudi que le Premier ministre préservait le portefeuille, même après l’accord avec le chef du parti HaBayit Hayehudi Naftali Bennett dans la nuit de mercredi à jeudi, permettant au dirigeant israélien d’annoncer au président Reuven Rivlin la formation de sa coalition de 61 sièges.

« Je comprends cette décision [du Premier ministre de garder le ministère des Affaires étrangères], parce qu’il veut vraiment laisser libre la possibilité d’élargir le gouvernement à l’avenir », a déclaré Hefetz.

A la question de savoir si Netanyahu gardait le portefeuille de gouvernement dans l’espoir de courtiser Herzog, Hefetz a répondu par l’affirmatif.

Un responsable du Likud anonyme a confié au quotidien Israël Hayom jeudi que Netanyahu cherchait à étendre le gouvernement au-delà de son actuelle majorité fragile de deux sièges, et qu’il poursuivrait des négociations avec l’Union sioniste sur la question au cours des prochaines semaines.

La Deuxième chaîne a rapporté mercredi soir que Netanyahu a souhaité que l’Union sioniste, et non HaBayit HaYehudi, rejoigne la coalition, et avait offert à Herzog le poste de vice-Premier ministre.

Cependant, Netanyahu se serait opposé à ce que Tzipi Livni, qui dirige le parti Hatnua, fasse partie de sa coalition, et Herzog, qui dirige le parti travailliste, aurait repoussé ses avances, selon le rapport télévisé.

Le Likud et l’Union sioniste ont immédiatement démenti le rapport.

Netanyahu lui-même a fait allusion à un éventuel élargissement de sa coalition en annonçant son gouvernement mercredi soir.

« 61 sièges est un bon chiffre. 61-plus est un meilleur chiffre. Mais il commence par 61, et nous allons commencer par là », a déclaré Netanyahu. « Nous avons beaucoup de travail devant nous. »

Herzog a critiqué le nouveau gouvernement peu de temps après son annonce mercredi soir, affirmant dans un communiqué qu’une coalition de 61 sièges souffre d’un « manque de responsabilité, de stabilité et de gouvernance ».

Il l’a également qualifiée de « catastrophe nationale. Un gouvernement faible et étroit, sensible au chantage, qui ne fera rien avancer et sera rapidement remplacé par une alternative responsable et pleine d’espoir ».

Livni a également fustigé le nouveau gouvernement.

« Je suis en désaccord avec la vision du monde, la voie, et les objectifs [du nouveau gouvernement], donc je ne peux pas lui souhaiter bonne chance sur des questions où il y a un tel désaccord, mais en général, j’espère le mieux pour la nation d’Israël », a-t-elle déclaré.

Aryeh Deri, chef du Shas, a appelé mardi Herzog à se joindre à la coalition, et à former « un gouvernement socio-économique », mais Herzog a maintenu qu’il dirigera une ferme opposition.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein (Likud) a concédé mardi qu’une coalition de 61 sièges présenterait « une chaîne de problèmes », mais a reconnu qu’il ne peut y avoir d’autre choix. Netanyahu pourrait faire « tous les efforts » par la suite pour englober davantage de partenaires.

Dans un communiqué mercredi, après l’annonce de l’accord entre le Likud et HaBayit HaYehudi, il a déclaré : « Ce soir, nous sommes remplis d’espoir que nous renforcerons la sécurité, l’économie et tous les autres domaines d’Israël. »

Netanyahu a envoyé une lettre à Rivlin confirmant que son parti, le Likud, avait composé une coalition mercredi soir. Il a jusqu’à mercredi prochain pour porter serment dans son nouveau cabinet.

Netanyahu doit nommer plusieurs de ses collègues du Likud au cabinet de sécurité pour se garantir un soutien sur les principales décisions de défense.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.