Le Premier ministre Benjamin Netanyahu est parti pour Rome lundi matin où il s’entretiendra avec le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le Premier ministre italien, deux jours avant que les Palestiniens présentent un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU exigeant un retour aux frontières de 1967 ainsi que la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Les Palestiniens ont annoncé dimanche soir qu’ils allaient présenter le texte aux Nations unies dès mercredi. L’offre fixerait un délai de deux ans pour un retrait israélien de Cisjordanie et de Jérusalem-Est, un calendrier au sujet duquel les États-Unis se sont déjà opposés car compliquant des négociations de paix au point mort.

« La direction palestinienne a pris la décision de se tourner vers le Conseil de sécurité mercredi prochain pour voter sur leur projet de mettre fin à l’occupation, » a déclaré dimanche à l’AFP Wassel Abou Youssef, un des responsables de l’OLP après une réunion de la direction palestinienne à Ramallah.

Plus tôt dans la journée de dimanche, le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat avait déclaré que le projet de résolution serait présenté au Conseil de sécurité lundi.

Kerry est arrivé dimanche à Rome où il a rencontré pendant plus de trois heures le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov cherchant à parer à un passage en force imminent à l’ONU.

« Ce n’est pas de cette façon dont nous aurions géré cette négociation déjà très compliquée et qui veut imposer un délai de deux ans » a déclaré un responsable du département d’Etat qui a souhaité ne pas être identifié.

Kerry se rendra à Londres mardi pour répondre à Erekat et à Nabil al-Arabi, le chef de la Ligue arabe.

La France est intervenue le mois dernier pour essayer de bricoler avec la Grande-Bretagne et l’Allemagne une résolution qui allait gagner le consensus au sein du Conseil de sécurité qui comporte 15 membres.

Le texte appellerait à un retour à des négociations visant à parvenir à une solution à deux Etats.

Le ministère des Affaires étrangères a refusé de commenter l’initiative palestinienne avant la réunion de lundi à Rome.

Après que Netanyahu ait appelé à des élections anticipées pour mars, certains Européens ont souligné qu’il y avait désormais une étroite fenêtre d’opportunité pour pousser une résolution palestinienne au Conseil de sécurité.

Dans le passé, les États-Unis ont toujours utilisé leur droit de veto à l’ONU pour bloquer des décisions qu’ils percevaient comme anti-israéliennes, mais les responsables américains ont fait savoir qu’ils sauraient distinguer entre une mesure unilatérale, et un effort pour élaborer une résolution multilatérale au Conseil, résolution qui aurait le soutien de nombreuses nations.

Les responsables américains ont déclaré que Kerry cherchait à en savoir plus sur la position européenne, ajoutant qu’il ne semblait pas y avoir un consensus européen sur la résolution.

Un certain nombre de pays européens ont déjà adopté des motions cette année appelant à la reconnaissance d’un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967.