Les Etats-Unis ont expliqué mardi qu’ils n’accorderaient pas de visa à l’ambassadeur à l’ONU choisi par l’Iran, Hamid Aboutalebi, en raison de « son rôle » lors de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran en 1979.

« Etant donné son rôle dans les événements de 1979, qui parlent profondément au peuple américain, il serait inadmissible de lui accorder un visa », a déclaré la porte-parole du département d’Etat, Jennifer Psaki, lors de son point de presse.

C’est la première fois que Washington motive sa décision de refuser le visa à ce diplomate.

La Maison Blanche avait annoncé vendredi que les Etats-Unis ne délivreraient pas de visa à Aboutalebi mais n’avait pas fourni d’explication.

L’Iran, qui n’envisage pas de choisir un autre ambassadeur, a demandé lundi l’intervention du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon dans cette affaire.

Le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric a indiqué mardi que l’ONU avait reçu la demande officielle de l’Iran et que le comité qui régit les relations entre l’ONU et le pays-hôte, c’est-à-dire les Etats-Unis, allait se réunir le 22 avril pour en débattre.

L’Iran exposera sa position devant ce comité, dont les Etats-Unis font aussi partie. Le comité dépend de l’Assemblée générale de l’ONU et est présidé par le représentant permanent de Chypre à l’ONU.

Les Etats-Unis sont en principe obligés d’accorder des visas aux diplomates onusiens, aux termes d’un accord signé en 1947 entre l’ONU et Washington.

Selon cet accord, les autorités américaines « ne mettront aucun obstacle au transit à destination ou en provenance » du siège de l’ONU « des représentants des membres ou des fonctionnaires de l’Organisation des Nations unies », et ceci « quelles que soient les relations existant » entre Washington et le gouvernement concerné.

La crise de 1979 fut « une expérience terrible pour les 52 Américains retenus en otage » à l’ambassade américaine de Téhéran pendant 444 jours par des étudiants iraniens, a souligné Mme Psaki, précisant avoir transmis la position de Washington à l’ONU et à Téhéran.

Washington « ne va pas détailler ce que nous pensons ou pas de son implication dans la crise des otages. […] Il a lui-même affirmé qu’il était impliqué », a ajouté Mme Psaki.

Cette querelle intervient alors que les relations diplomatiques entre les deux pays, rompues dans la foulée de la Révolution islamique de 1979, connaissent depuis l’an passé un certain dégel avec l’élection du président iranien modéré Hassan Rouhani.

L’Iran et les grandes puissances tentent actuellement de conclure un accord global sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.