Le Département d’Etat a nié mardi que le président Barack Obama ait reconnu que l’Iran sera capable de fabriquer des armes nucléaires comme bon lui semble 13 ans après l’accord nucléaire qui se profile.

Dans un entretien de mardi avec NPR, Obama a déclaré que l’accord ne laisserait à l’Iran presque qu’aucun « temps de fuite » vers la bombe dans un horizon de 13 ans.

Le « breakout time » faisait référence à la durée nécessaire qu’il faudrait à l’Iran pour construire une bombe s’il décidait d’en obtenir une à pleine vitesse, en d’autres termes au temps qu’aurait le reste du monde pour l’empêcher de produire une arme nucléaire.

L’accord-cadre, s’il est respecté, étend le « breakout time » de l’Iran, actuellement de deux à trois mois, selon les estimations américaines, à au moins un an. Et cette contrainte devrait rester seulement pendant 10 ans, à partir de là, certaines restrictions commenceraient à être levées progressivement.

Obama, dont la priorité absolue du moment est de vendre l’accord cadre aux critiques, a rejeté l’accusation selon laquelle l’accord ne permettait pas d’éliminer les risques parce qu’il permet à l’Iran de continuer d’enrichir de l’uranium. Il a déclaré à NPR que l’Iran sera limité pendant une décennie à 300 kilogrammes d’uranium enrichi, pas assez pour convertir un stock en produit qui permet de fabriquer une arme.

« Une peur plus légitime serait que dans 13, 14 ou 15 ans, ils possèdent des centrifugeuses qui enrichissent de l’uranium plus rapidement, et à ce point, le ‘temps de fuite’ serait réduit presque à zéro », a déclaré Obama.

Mais, selon la porte-parole du département d’Etat Marie Harf, Obama « faisait référence à un scénario dans lequel il n’y avait pas d’accord. Et si vous revenez en arrière et regardez la transcription – je sais que c’est un peu confus, j’ai parlé aux gens à la Maison Blanche et je l’ai lue plusieurs fois –, c’est ainsi que je comprends ce à quoi il faisait allusion, même si les mots étaient un peu confus : un scénario dans lequel il n’y avait pas d’accord ».

Dans un briefing mardi, Harf a noté que certaines des restrictions qui devraient être appliquées pendant ces années n’ont pas encore été négociées.

« Une partie des négociations porte sur ce qui arrivera dans les années à venir. Je n’ai pas de ‘breakout time’ précis, mais, évidemment, nous voulons qu’il soit le plus long possible. Donc, il ne sera pas de zéro », a déclaré Harf.

La logique de l’affirmation du Département d’Etat était difficile à suivre : il est difficile de comprendre pourquoi Obama aurait fixé le breakout time à 13-15 ans en l’absence d’un accord, alors que les États-Unis ont affirmé qu’ils croient que l’Iran est actuellement à seulement deux à trois mois de se doter d’une arme nucléaire, et ont donc fixé pour objectif des négociations nucléaires de repousser le délai d’au moins un an.

En outre, selon les termes de l’accord, de nombreuses restrictions sur le programme nucléaire iranien expireraient au bout de 10 ans, bien avant les 13 à 15 ans évqoués par Obama.

Pourtant, de nombreux termes de l’accord nucléaire n’ont pas encore été fixés – les négociateurs ont jusqu’au 30 juin pour aboutir à un accord final – et le président, ou Harf, faisaient peut-être allusion à des mesures de long terme, qui n’ont pas encore été convenues avec les Iraniens.