La Grande-Bretagne se rend aux urnes le 7 mai. Et coïncidence, l’Israélien Benjamin Netanyahu doit former sa coalition avant le 7 mai (et il le fera probablement à cette date).

S’il échoue, le président Reuven Rivlin peut proposer cette tâche à quelqu’un d’autre. Et si cela ne marche pas, Israël devrait retourner à nouveau aux urnes.

Si le Premier ministre David Cameron est réélu, il a indiqué que cela serait son dernier mandat. Cameron à 48 ans. Le Premier ministre Netanyahu a montré qu’il voulait rester au pouvoir aussi longtemps que possible. Netanyahu a 65 ans.

Personne ne sait vraiment qui va gagner les élections britanniques, avec aucun des principaux partis, conservateur et travailliste, susceptibles d’obtenir une majorité à la Chambre des communes composée de 650 sièges.

Personne ne savait vraiment qui allait gagner les élections israéliennes, avec aucun des deux principaux partis, le Likud et l’Union sioniste (travailliste), s’approchant de la majorité à la Knesset – qui compte 120 membres.

Les sondeurs de Grande-Bretagne admettent que l’élection sera serrée, d’autant plus que divers petits partis compliquent la carte électorale et rendent possibles toutes sortes de coalitions.

Le sondeur américain Nate Silver, qui a prédit les résultats dans chaque Etat pour les élections américaines de 2012, prévoit un
« résultat incroyablement désordonné » et a affirmé qu’il y avait
« une incertitude énorme sur l’identité de celui qui formera un gouvernement après le 7 mai »
.

Les sondeurs d’Israël affirment généralement qu’ils savaient de quoi la Knesset aurait l’air, même si une douzaine de partis étaient en lice, présentant toutes sortes de possibilités de coalition, et en dépit de facteurs qui compliquent encore plus les choses – tels que le seuil de 3,5 % pour être présent à la Knesset, la difficulté de prévoir le taux de participation chez les Arabes, la propension de certains électeurs israéliens à mentir aux sondeurs et le fait qu’une proportion importante de l’électorat ne se déciderait qu’au dernier moment.

Capture d'écran Deuxième chaine des estimations des résultats des élections le 17 mars à 22h (Crédit : Capture d'écran Deuxième chaîne)

Capture d’écran de la Deuxième chaîne, lors des estimations des résultats des élections, le 17 mars à 22h (Crédit : Capture d’écran Deuxième chaîne)

Cameron, le Premier ministre de Grande Bretagne, n’est pas particulièrement apprécié et il est considéré comme étant plutôt arrogant et déconnecté de son électorat.

Les conservateurs sont considérés comme étant trop proches des grandes entreprises – c’est le parti des « nantis » indifférent à « ceux qui n’ont rien ».

Netanyahu, le Premier ministre d’Israël, n’est pas particulièrement apprécié et est considéré comme étant plutôt arrogant et déconnecté de son électorat.

Le Likud est considéré comme étant trop proche des grandes entreprises – c’est le parti des « nantis » indifférent à « ceux qui n’ont
rien ».

Le dirigeant travailliste Ed Miliband aux prises avec un sandwich au bacon en mai 2014 (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Le dirigeant travailliste Ed Miliband aux prises avec un sandwich au bacon, en mai 2014 (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Le chef de l’opposition travailliste de Grande-Bretagne, Ed Miliband est considéré comme étant un peu un geek, manquant de charisme et d’expérience, un peu embarrassé en public et qui s’est montré incapable de prendre dans sa bouche un sandwich au bacon lors d’une séance de photo l’année dernière. (Est-ce Dieu que nous avons entendu rire ?).

Le chef de l’opposition travailliste israélien, Isaac Herzog, est considéré comme étant un peu un geek, manquant de charisme et d’expérience, un peu embarrassé en public et qui s’est montré incapable de sortir les mots de sa bouche lors d’un bref débat télévisé le 14 mars dernier, avec Netanyahu, trois jours avant l’élection. (Herzog a promis de « garder Netanyahu uni » alors qu’il a voulu dire « garder Jérusalem unie ». (C’est bien le Likud que nous avons entendu rire.)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu débattant avec le chef Union sioniste Isaac Herzog qui se trouve dans le studio de la Deuxième chaîne, le 14 mars 2015 (Crédit : Informations de la Deuxième chaîne)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu débattant avec le chef de l’Union sioniste Isaac Herzog qui se trouve dans le studio de la Deuxième chaîne, le 14 mars 2015. (Crédit : Informations de la Deuxième chaîne)

Miliband a invité une équipe de télévision dans sa maison, où une grande partie de l’interview a été tournée dans sa cuisine plutôt spartiate, soulignant ostensiblement son mode de vie frugal.

Il a ensuite fait remarquer qu’il y a une cuisine plus somptueuse ailleurs dans la maison.

Netanyahu a invité une équipe de télévision dans sa résidence officielle, où une grande partie de l’interview a été tournée dans sa cuisine plutôt spartiate, soulignant ostensiblement son mode de vie frugal. Il a ensuite fait remarquer qu’il y a une cuisine plus somptueuse ailleurs dans la maison.

Nigel Farage (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)

Nigel Farage (Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP)

Cameron tente désespérément de décourager les électeurs conservateurs de s’éloigner et de ne pas voter pour l’UKIP, un parti d’extrême droite qui vise à défendre les valeurs traditionnelles britanniques.

Netanyahu a désespérément – et avec succès – découragé les électeurs du Likud de s’éloigner et de voter pour les différents partis de droite, y compris HaBayit HaYehudi et Yahad, qui prétendent défendre les valeurs juives traditionnelles.

Lors du vote du Royaume-Uni, beaucoup de choses pourraient dépendre de la performance des libéraux-démocrates, un parti avec une orientation plutôt vague qui pourrait être dans une coalition aussi bien conservatrice que travailliste et qui a formé un partenariat avec Cameron dans le gouvernement sortant.

Lors du vote israélien, qui s’est bien articulé sur la performance de Koulanou, un parti de l’orientation plutôt vague qui a été considéré comme pouvant potentiellement être dans une coalition Likud ou travailliste.

Mais il a rapidement jeté son dévolu sur Netanyahu lorsque la formation de la coalition a commencé.

Benjamin Netanyahu rencontre le président israélien Reuven Rivlin dans une brève cérémonie confiant à Netanyahu la tâche  de former le prochain gouvernement israélien, le 25 mars 2015. (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)

Benjamin Netanyahu rencontre le président israélien Reuven Rivlin dans une brève cérémonie confiant à Netanyahu la tâche de former le prochain gouvernement israélien, le 25 mars 2015. (Crédit photo: Miriam Alster / Flash90)

Cameron n’a pas la relation la plus simple avec la chef de l’Etat de la Grande-Bretagne, la reine Elizabeth II, et a dû lui présenter des excuses, l’année dernière, pour avoir divulgué publiquement le contenu d’une conservation privée sur l’avenir de l’Ecosse.

Netanyahu n’a pas la relation la plus simple avec le chef de l’Etat d’Israël, le président Rivlin, dont il a cherché à empêcher l’élection à la fonction présidentielle, mais il est peu probable qu’il lui ait présenté des excuses.

Un gouvernement travailliste au Royaume-Uni exhorterait à un compromis territorial israélien avec les Palestiniens. Un gouvernement travailliste en Israël aurait exhorté à un compromis territorial avec les Palestiniens.

S’il est élu, Miliband serait le deuxième Premier ministre juif de la Grande-Bretagne (après Benjamin Disraeli, qui est né dans la foi juive mais qui a ensuite été baptisé), et le premier Premier ministre né de parents immigrants qui ont fui l’Europe de l’est et qui ont survécu aux nazis.

Cameron s’est clairement proclamé comme étant sioniste tandis que Miliband s’est montré plus circonspect.

Les douze Premiers ministres d’Israël sont totalement ou partiellement originaires de l’Europe de l’est.

Les douze ont été sionistes, ce qui est une obligation légale. (Toute personne qui nie « l’existence de l’Etat d’Israël en tant qu’Etat juif et démocratique » ne peut être député et le Premier ministre doit être un député.) A ce jour, les douze Premiers ministres ont été juifs ; ce n’est pas une obligation légale mais cela aide.