La Commission centrale des élections a disqualifié jeudi la candidature d’Hanin Zoabi, de la Liste arabe unie, et Baruch Marzel, du parti Yachad, des élections législatives.

La décision de la commission qui doit encore être approuvée par la Cour suprême, a approuvé les requêtes déposées pour protester contre leurs candidatures en raison de leur point de vue extrémiste.

La décision d’exclure Zoabi a été approuvée à 27 voix contre 6 voix tandis que le vote sur l’exclusion de Marzel était plus serré, et c’est joué à 17 voix contre 16.

Dans les deux cas, les requêtes ont été déposées par des adversaires politiques de ces candidats, affirmant que les candidats en question ont violé la loi israélienne sur les élections – Marzel pour son racisme anti-arabe allégué et Zoabi pour son soutien au Hamas et son refus de reconnaître Israël comme étant l’Etat-nation du peuple juif.

La Commission est composée de représentants de partis politiques existants et est présidée par le juge de la Cour suprême Salim Joubran. Cette décision d’exclure ces candidatures doit être approuvée par la Haute cour de justice.

« Je suis pas surprise, a déclaré Zoabi après le vote. Je suis certaine que la Haute cour de justice infirmera la décision. Je représente le peuple démocratique d’Israël. »

Zoabi, députée du parti Balad, est connue pour ses déclarations controversées et antisionistes. La commission l’avait déjà été exclue des élections de janvier 2013, mais la décision de disqualification avait été infirmée par la Haute cour de justice.

Elle actuellement numéro 7 de la Liste arabe unie, qui devrait, selon les sondages, obtenir 12 sièges lors des élections du 17 mars.

Clash entre le militants d'extrême-droite Baruch Marzel et les députées arabes lors de l'audition de la députée Hanin Zoabi le 9 décembre 2014 (Crédit :  Hadas Parush/Flash90)

Clash entre le militants d’extrême-droite Baruch Marzel et les députées arabes lors de l’audition de la députée Hanin Zoabi le 9 décembre 2014 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Marzel, qui est à la 4e place sur la liste du nouveau parti Yachad, aurait pu rentrer à la Knesset si les sondages se révèlent être exacts, a qualifié son exclusion d’ « un bâillon de la gauche ».

« La même gauche qui a lutté contre l’exclusion de Zoabi a aussi soutenu mon exclusion », a-t-il déclaré à Ynet News. « Tout le monde pense qui pense que Zoabi n’est pas un problème devrait aller avec elle, et tout ce qui sont en faveur d’une loi juive devrait venir avec nous ».

Marzel, qui est originaire de Boston, est arrivé en israël alors qu’il était encore enfant. Il a mené des militants d’extrême-droite lors de marches dans des villes arabes et avaient des liens avec le parti Kach – fondé par l’extrémiste Rabbi Meir Kahane, aujourd’hui interdit.

Depuis que le parti Kach a reçu l’interdiction d’être représenté lors des élections en 1993, Marzel s’est présenté au nom de différents partis de droite, mais il a souvent échoué à réunir le nombre de vote nécessaire pour entrer à la Knesset.

Le résident d’Hébron a souvent la Une des journaux pour ses déclarations nationalistes virulentes et ses propos contre les homosexuels.

En 2014, le dirigeant de l’organisation de gauche « Peace Now », Yaric Oppenheimer, a déposé une plainte contre Marzel, qui, affirme-t-il, a encouragé ses partisans à le harceler et à le menacer.

La Haute Cour a prévu la date d’audience d’appel pour le mardi 17 février.

Zoabi est actuellement suspendu de toutes activités liées à la Knesset pour des remarques qui peuvent être interprétées comme un soutien au groupe terroriste du Hamas cet été.

Elle fait aussi face à une possible poursuite judiciaire pour avoir accusé un agent de police arabe de trahir ses origines ethniques, une déclaration qui a été interprété comme un appel à la violence contre les policiers arabes israéliens.

La loi israélienne interdit à une personne qui soutient un conflit armée contre Israël de se présenter à la Knesset. C’est sur cette loi que s’est fondée la requête pour demander l’interdiction de sa candidature.

Dans un argumentaire juridique que le procureur général Yehuda Weintein a présenté à la commission mercredi, celui-ci s’oppose à la disqualification des candidats qui se situent aux extrêmes du spectre politique, Zoabi et le candidat d’extrême-droite Baruch Marzel de Yahad pour être plus précis.

Weinsten explique dans son argumentaire que même si les commentaires de Zoabi étaient des « remarques inquiétantes » qui pourraient être interprétées comme étant un soutien au terrorisme, les preuves contre la députée ne sont pas assez probantes pour fournir une raison claire pour la disqualifier.

L’avis juridique du procureur général est similaire au sujet de Marzel.

L’opinion de Weinsten n’a pas de force juridique mais le point de vue du plus haut représentant de la loi pourrait permettre d’influencer le vote des membres de la commission.

La liste de centre-gauche Camp sioniste, menée par le leader travailliste Isaac herzog, a soutenu la disqualification de Zoabi la semaine dernière, puis a changé de position en affirmant qu’il suivrait la position que la Commission centrale des élections prendra.

Ce volte-face est considéré comme étant un signe envoyé aux partis arabes, qui devraient, selon les sondages, récolter entre 11 et 13 sièges à la Knesset et dont le soutien sera important pour Herzog s’il souhaite remplacer Benjamin Netanyahu en tant que Premier ministre.

Le parti centriste Yesh Atid a fermement soutenu la disqualification des deux candidats extrémistes mercredi.