Exécution d’un otage japonais : condamnation internationale
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Exécution d’un otage japonais : condamnation internationale

La Jordanie "déterminée à tout faire" pour récupérer son pilote ; Hollande "condamne avec la plus grande fermeté le meurtre brutal du citoyen japonais Kenjir"

Shinzo Abe à une réunion avec des diplomates israéliens à Jérusalem (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)
Shinzo Abe à une réunion avec des diplomates israéliens à Jérusalem (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

L’apparente exécution par le groupe Etat islamique (EI) d’un second otage japonais enlevé en Syrie a mis dimanche le monde en émoi, Tokyo qualifiant d’ignoble cet acte fermement condamné par la communauté internationale, tandis qu’Amman s’est dit « déterminé à tout faire » pour sauver la vie d’un pilote jordanien aux mains des jihadistes.

Le Japon a juré dimanche qu’il ne céderait pas face au terrorisme, après la diffusion d’un enregistrement attribué à l’EI annonçant la décapitation d’un deuxième ressortissant japonais.

« Nous en sommes outrés et condamnons (cet acte) avec la plus grande fermeté », a déclaré le porte-parole du gouvernement nippon, Yoshihide Suga.

Il a jugé « hautement probable » l’authenticité de la vidéo relatant l’exécution de l’homme identifié comme étant le journaliste Kenji Goto, enlevé l’automne dernier en Syrie.

L’EI avait déjà annoncé il y a une semaine avoir tué un premier otage japonais, Haruna Yukawa, capturé en août en Syrie, avant que Kenji Goto n’aille à sa recherche et ne soit enlevé à son tour fin octobre ou début novembre.

« C’est un acte de terrorisme ignoble contre lequel je suis très en colère », a renchéri le Premier ministre Shinzo Abe, visiblement ému.

« Nous ne pardonnerons jamais aux terroristes », a-t-il poursuivi. « Le Japon est fermement résolu à prendre ses responsabilités en lien avec la communauté internationale pour combattre le terrorisme » et pour que ceux qui en sont responsables « soient traduits en justice ».

M. Abe a adressé ses condoléances aux proches de l’otage et déploré que tous les efforts du gouvernement n’aient pas permis de le sauver.

« Je n’ai pas de mots pour dire la peine que la famille doit ressentir, le gouvernement a fait le maximum pour gérer cette crise, c’est très regrettable », a reconnu le Premier ministre.

« Kenji est parti. Je ne peux trouver de mots face à cette triste mort », a réagi devant les caméras la mère de la victime, Junko Ishido.

La Jordanie « déterminée à tout faire »

Réagissant quelques heures plus tard, Amman a aussi « vivement » condamné l’exécution de M. Goto et a assuré « n’avoir épargné aucun effort, en coordination avec le gouvernement japonais, dans le but lui sauver la vie ».

La Jordanie s’est en outre dite « déterminée à tout faire » pour recouvrer vivant son pilote Maaz al-Kassasbeh, dont les jihadistes n’ont cette fois pas fait mention.

Le royaume « fera tout pour sauver et libérer son pilote », a déclaré le porte-parole du gouvernement, Mohammad al-Momeni, cité par l’agence officielle Petra.

L’EI a menacé d’exécuter Maaz al-Kassasbeh si Amman ne libèrait pas une jihadiste irakienne. L’EI, organisation montée en puissance à la faveur de la guerre en Syrie, avait fixé un ultimatum qui expirait jeudi soir.

Placée en porte-à-faux, la Jordanie s’était dite prête à libérer la prisonnière Sajida al-Rishawi, mais exigeait une preuve de vie de son pilote capturé en décembre après l’accident de son F-16 en Syrie, où il menait un raid sur des positions de l’EI dans le cadre de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Condamnation internationale

Dans la nouvelle vidéo diffusée samedi sur Twitter, on voit M. Goto en tenue orange à genoux, à côté d’un homme debout, masqué et tout de noir vêtu, avec un couteau à la main. La dernière image présente un corps sans vie.

Selon le centre de surveillance des sites islamistes SITE, le bourreau à l’accent britannique est le même que sur les précédentes vidéos de décapitation d’otages occidentaux par l’EI.

Cet homme affirme que l’exécution de Kenji Goto punit la « participation irresponsable » du Japon à la guerre de la coalition internationale contre les jihadistes.

Les réactions ont afflué dans la nuit et la matinée de dimanche: le président américain Barack Obama a condamné un « meurtre odieux ».

Son homologue français François Hollande a fait part de son indignation, soulignant que la France était « solidaire du Japon dans cette nouvelle épreuve ».

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a qualifié cet acte de « méprisable » et « effroyable ». « C’est un rappel de plus que l’EI est l’incarnation du mal, sans égard pour la vie humaine », a-t-il jugé.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a condamné « dans les termes les plus énergiques l’assassinat barbare de Kenji Goto, qui souligne la violence que beaucoup ont subi en Irak et en Syrie ». Il a de nouveau « appelé à la libération inconditionnelle de tous les otages détenus par Daesh (EI) et d’autres ».

Outre les deux japonais, l’EI a revendiqué depuis la mi-août l’exécution de cinq otages occidentaux: les deux journalistes américains, James Foley et Steven Sotloff, ainsi qu’un troisième américain, l’humanitaire Peter Kassig, deux humanitaires britanniques, David Haines et Alan Henning, tous enlevés en Syrie.

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