Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a insisté samedi sur l' »absolue priorité » de parvenir à une trêve à Gaza, soulignant que la communauté internationale soutient une proposition égyptienne de cessez-le-feu rejetée par le Hamas.

M. Fabius, en visite en Jordanie, a expliqué que son déplacement au Proche-Orient visait à « contribuer aux efforts qui sont entrepris pour casser la spirale de la violence et pour protéger le plus possible les populations civiles » dans la bande de Gaza, où plus de 340 Palestiniens ont été tués en 12 jours de conflit, en majorité des civils.

« Le bilan humain est déjà lourd et il faut éviter qu’il ne s’alourdisse encore », a souligné le ministre.

« Je répète ici à Amman, notre priorité absolue doit être le cessez-le-feu », a-t-il insisté lors d’une conférence de presse commune avec son homologue jordanien Nasser Joudeh.

« L’initiative égyptienne (pour une trêve entre Israël et le Hamas) reste sur la table », a-t-il ajouté, soulignant que « la Jordanie (…) et la France et d’autres pays » soutenaient la proposition égyptienne.

Lundi, l’Egypte, habituelle médiatrice dans les conflits entre le Hamas et Israël, a proposé un plan de cessez-le-feu, accepté par Israël mais rejeté par le Hamas.

« Maintenant il s’agit de faire en sorte que la partie qui n’a pas encore accepté (l’initiative) puisse l’accepter pour que on évite des pertes de vies humaines », a insisté M. Fabius, qualifiant d' »extrêmement tragique » la situation à Gaza.

Le chef de la diplomatie française est arrivé à Amman après s’être rendu au Caire où il a estimé qu’un cessez-le-feu était « urgent et impérieux », après des discussions avec le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef de l’Etat égyptien Abdel Fattah al-Sissi.

M. Fabius doit rencontrer samedi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

« Tous les pays qui participent aux efforts pour mettre fin au bain de sang à Gaza soutiennent l’initiative de cessez-le-feu qui vise à mettre fin à la violence et à protéger les civils », a déclaré M. Joudeh, dont le pays a signé en 1994 un traité de paix avec Israël.

Lors d’une rencontre avec la ministre des Affaires étrangères italienne Federica Mogherini vendredi, M. Joudeh a condamné « l’agression brutale et barbare à Gaza » et la « prise pour cible de civils », selon l’agence officielle Petra.

Selon le Centre palestinien pour les droits de l’Homme, basé à Gaza, les civils représentent plus de 80 % des victimes de l’offensive lancée par Israël pour faire cesser les tirs de roquettes du Hamas, qui contrôle l’enclave.

Côté israélien, deux soldats et deux civils ont été tués. Un troisième soldat a été mortellement touché par un tir « ami ».

Il s’agit du conflit le plus sanglant à Gaza depuis 2009.