L’Iran ne peut à la fois se déclarer « puissance de paix », en affirmant n’avoir aucune intention de se doter de la bombe , et soutenir la rébellion chiite des Houthis au Yémen, a affirmé vendredi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.

« Les sujets (les combats au Yémen et les négociations sur le nucléaire iranien, ndlr) sont normalement séparés. Mais c’est vrai que d’un côté l’Iran proclame qu’il est une puissance de paix et de l’autre côté on voit ce qui se passe au Yémen », a déclaré le ministre à la chaîne de télévision France 24.

« Nous pensons qu’il n’est pas légitime que l’Iran apporte ce soutien (aux rebelles houthis) alors qu’il y a un président qui est en place et qui ne doit pas être chassé dans ces conditions », a-t-il ajouté.

« Il est possible que tout cela vienne au Conseil de sécurité, et donc nous dirons à la fois qu’il faut rétablir le président légitime, et qu’il faut engager des discussions pour arriver là aussi à une solution inclusive », a-t-il dit.

Une intervention militaire conduite par l’Arabie saoudite a été lancée jeudi au Yémen pour venir en aide au président Abd Rabbo Mansour Hadi, face aux avancées des rebelles chiites houthis, qui, selon Paris et Washington, sont soutenus par l’Iran.

Les pays du Golfe participent à cette intervention, ainsi que l’Egypte, la Jordanie, le Soudan, le Pakistan et le Maroc, selon Ryad. Les Etats-Unis, alliés du président yéménite, ont annoncé un soutien en logistique et en renseignement à cette coalition.

Concernant les négociations en cours sur le programme nucléaire iranien, M. Fabius a répété que « l’Iran a parfaitement le droit d’avoir recours au nucléaire civil », mais qu’en ce qui concerne la fabrication de la bombe atomique, « nous disons clairement non ».

« Il y a encore des progrès à faire, nous ne sommes pas arrivés jusqu’au bout » des négociations, a-t-il dit.

« Nous souhaitons, nous la France, puissance de sécurité et de paix, qu’il y ait un accord mais il ne peut exister que s’il est robuste », a-t-il ajouté, à propos des négociations, qui se poursuivent en Suisse, entre Téhéran et le groupe dit des 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume Uni, Russie et Allemagne).

Obama et Merkel appellent Téhéran à s’engager

Le président Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel ont appelé vendredi le gouvernement iranien à prendre les « décisions nécessaires » pour parvenir à un accord international garantissant le caractère pacifique de son programme nucléaire.

Lors d’une conversation téléphonique, M. Obama et Mme Merkel ont insisté sur la nécessité pour Téhéran de prendre les décisions qui s’imposent pour « résoudre les problèmes qui demeurent », a indiqué la Maison Blanche.

Le président américain et la chancelière allemande « ont réaffirmé leur volonté d’aboutir à un accord (…) qui permettra de s’assurer, vérifications à l’appui, que le programme nucléaire iranien soit exclusivement pacifique », précise l’exécutif américain.