Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius s’est interrogé mardi sur l’objectif de l’offensive diplomatique déclenchée par les Palestiniens à l’Onu et devant la Cour pénale internationale (CPI), mettant en garde contre une « logique de l’engrenage » susceptible d’aggraver le conflit israélo-palestinien.

« Nous voulons être bien au clair sur la démarche et l’objectif qu’ils poursuivent », a déclaré Fabius au cours d’une rencontre avec l’Association de la presse diplomatique française, précisant être en contact avec ses homologues dans la région et avec les responsables palestiniens.

La France a soutenu fin décembre une résolution palestinienne à l’Onu demandant un accord de paix avec Israël dans les douze mois et retrait de Cisjordanie d’ici à trois ans. Après le rejet de cette résolution (Etats-Unis et Australie ont voté contre et cinq des 15 pays du Conseil de sécurité se sont abstenus), les Palestiniens ont annoncé qu’ils représenteraient leur texte et ont officiellement demandé leur adhésion à la CPI, avec le but avoué d’y poursuivre les dirigeants israéliens.

« La France a pris une position favorable à cette résolution (en décembre), même si nous avions des contestations à la fois sur la méthode et sur un certain nombre de paramètres retenus », a déclaré Fabius.

Indiquant que Paris voterait de la même façon si les Palestiniens représentent le même texte, il s’est cependant interrogé : « La vraie question, c’est de savoir quel est l’objectif : déclencher un veto américain ? Réaffirmer telle attitude par rapport au gouvernement israélien ? Je ne sais pas ».

Evoquant la demande d’adhésion palestinienne à la CPI, qui a provoqué des mesures de rétorsion immédiate d’Israël et la colère de leur allié américain, Fabius a mis en garde contre une « logique de l’engrenage ».

« Autant les Palestiniens ont droit à un Etat, autant il faut faire bouger le statu quo qui ne peut rien apporter de bon, autant il faut essayer de trouver une solution de consensus », a-t-il dit.

« A partir du moment où on se lance dans cet engrenage, on aboutit à des résultats que l’on n’a pas souhaités. En même temps la CPI est une institution qui existe, et nous reconnaissons son travail », a-t-il ajouté, rappelant que la France a ratifié le statut de Rome créant la CPI.