Tzipi Livni, négociatrice en chef des pourparlers de paix, a pris la défense de John Kerry, le 3 février. Celui-ci avait fait l’objet de critiques sévères après avoir déclaré qu’un échec des négociations avec les Palestiniens pourrait déclencher une nouvelle vague de boycotts anti-israéliens sur la scène internationale.

La ministre de la Justice a répondu aux diatribes de la droite israélienne, en les accusant de saper les relations diplomatiques avec les Etats-Unis.

« Ceux qui parlent durement du secrétaire d’Etat américain baisserait les yeux honteusement s’ils savaient ce que Kerry avait fait pour prévenir ce genre de menaces et de boycotts », a-t-elle déclaré lors d’un meeting du parti Hatnua.

Elle ajouté que John Kerry tentait d’avertir Israël des conséquences néfastes que pourrait engendrer l’échec des négociations. Il n’a pas encouragé le boycott.

Lors de son allocution, Tzipi Livni a dit que même si les boycotts et le manque de crédibilité n’étaient pas la raison pour laquelle il fallait se mettre à la table des négociations, il était important de rester réaliste quant à l’impact que pourrait avoir un échec des pourparlers.

« Ceux qui parlent durement du secrétaire d’Etat américain baisserait les yeux honteusement s’ils savaient ce que Kerry avait fait pour prévenir ce genre de menaces et de boycotts » Tzipi Livni

« Le rôle des dirigeants politiques est de comprendre la réalité, d’anticiper les changements autant que possible et d’identifier les menaces potentielles », a-t-elle déclaré. « Il peut y avoir des menaces sécuritaires, telles que l’Iran et le terrorisme, et il y a d’autres types de menaces, comme celle-ci, qui peuvent isoler Israël sur la scène internationale. »

Par ailleurs, la ministre de la Justice a montré du doigt la construction des implantations dans quelques contrées isolées de Cisjordanie. Elle a accusé ces dissidents de saboter l’alliance israélo-américaine.

« Chaque pierre qui est posée sur ces implantations détruit les chances que nous avons de signer un accord et discrédite Israël aux yeux de la communauté internationale », a-t-elle ajouté.

Lors de la Conférence sur la Sécurité à Munich ce weekend, John Kerry a déclaré qu’Israël pourrait se retrouver confronté à « une campagne de délégitimation, qui gagne de l’ampleur. Les gens y sont de plus en plus sensibles. On parle déjà ici et là de boycott et d’autres sanctions. »

Le secrétaire d’Etat américain a ajouté que le status quo actuel n’était « pas tenable » sur le long terme. « C’est illusoire… C’est une prospérité momentanée, une paix momentanée », a-t-il déclaré, s’attirant les foudres de la droite israélienne – dont le ministre de l’Economie Naftali Bennett et le ministre des Renseignements et des Affaires stratégiques Yuval Steinitz, qui a qualifié ces propos d’ « offensifs et d’intolérables ».

Le 1er février, Naftali Bennett a accusé John Kerry d’inciter au boycott et de servir de « porte-parole » à quelques éléments perturbateurs et antisémites.

« Le peuple est plus fort que les menaces que l’on profère contre lui », a-t-il écrit sur sa page Facebook. Il a ajouté qu’Israël ne rendrait pas de territoires à cause de pressions économiques. « Seule la sécurité peut apporter la stabilité économique, pas un Etat voyou situé à proximité de l’aéroport de Ben Gurion. Nous souhaitons que nos amis combattent ces menaces antisémites de boycott à nos côtés, et non qu’ils deviennent leur porte-parole. »

Les propos de John Kerry ont aussi été rejetés par le Premier ministre israélien, qui considère les boycotts comme « immoraux et injustifiés ». Ce dernier estime que ces menaces ne feraient « qu’éloigner la paix encore davantage. »

Même refrain chez le ministre du Logement Uri Ariel et les députés du Likoud Tzipi Hotovely et Ofir Akunis, qui ont chacun publié des communiqués condamnant ces déclarations.

« Le secrétaire d’Etat John Kerry est un fervent partisan de la sécurité et du bien-être d’Israël depuis plus de 30 ans et s’est fermement opposé aux boycotts », a répondu le porte-parole du département d’Etat américain Jen Psaki ce dimanche, en réponse aux critiques de la droite israélienne.