Facebook a indiqué vendredi avoir bloqué un dispositif qui permettait aux annonceurs de cibler « ceux qui haïssent les Juifs » après une enquête rendue publique il y a vingt-quatre heures, qui révélait que le réseau social, en raison d’une faille, autorisait les groupes de haine à mener des campagnes publicitaires.

Facebook a expliqué avoir œuvré à régler le problème sur la base d’un algorithme, après que des informations diffusées par ProPublica et Slate ont montré que des annonceurs parvenaient à cibler spécifiquement des utilisateurs antisémites, racistes ou homophobes, entre autres.

Selon Slate, il est malgré tout encore possible, même après l’intervention de Facebook, d’acheter des annonces ciblant les utilisateurs anti-musulmans et les nationalistes blancs .

ProPublica a fait savoir que « le plus grand réseau social du monde a permis aux annonceurs de cibler leurs argumentaires vers les fils d’actualité de presque 2 300 personnes qui avaient exprimé de l’intérêt pour le sujet de la ‘haine anti-juive’, ou qui mentionnaient dans leurs profils ‘comment brûler les Juifs’ ou ‘l’histoire expliquant pourquoi les Juifs détruisent le monde’. »

Une croix gammée (Crédit : Wikimedia Commons)

Une croix gammée (Crédit : Wikimedia Commons)

Même si cette catégorie, en elle-même, n’était pas suffisamment importante, en y rajoutant d’autres catégories – comme le parti national-démocrate allemand, une formation d’extrême droite et ultra-nationaliste – ProPublica a réussi à acheter des annonces ciblant les 2 274 personnes qui avaient mentionné « Jew hater » dans les secteurs « éducation » ou « travail » de leurs profils.

Ces annonces avaient été approuvées en un quart d’heure.

Le site internet a également découvert que 3 194 personnes mentionnaient comme étant leur employeur les SS nazis, et que 2 449 utilisateurs de Facebook disaient travailler pour le « parti nazi ».

Facebook a supprimé ces catégories quand ProPublica l’a contacté, et lui a affirmé qu’il allait régler le problème.

« Il y a des moment où le contenu qui apparaît sur notre plateforme contrevient à nos normes », a indiqué Rob Leathern, directeur de la gestion de produits chez Facebook, à ProPublica.

« Dans ce cas, nous avons supprimé les domaines de cible associés en question. Nous savons que nous avons encore des choses à faire, alors nous sommes également en train de construire de nouveaux gardes-fous dans nos processus de produit et de révision pour empêcher que des problèmes comme celui-là refassent leur apparition à l’avenir », a-t-il ajouté.

Toutefois, le site d’information Slate a découvert que ce problème allait bien plus loin et il a encore pu acheter une annonce ciblée, même après l’intervention de Facebook qui avait suivi l’enquête de ProPublica.

« Lorsque Slate a tenté quelque chose de similaire jeudi, notre annonce qui ciblait les mots-clés ‘tuez les musulmans radicaux’, ‘Ku Klux Klan’ et plus d’une douzaine de groupes de haine a été approuvée de manière similaire », a annoncé le site internet, notant que les publicités avaient été placées une heure après la publication de l’article de ProPublica.

« Dans notre cas, cela a pris au système de Facebook une minute pour donner son feu vert », a constaté Slate.

Facebook a permis des annonces ciblant des utilisateurs qui avaient répertorié dans leurs domaines d’études « Comment tuer les Juifs », « tuer les prostituées » ou « tuer les Hadjis ».

Ces catégories n’étaient pas suffisamment importantes en elles-mêmes, mais les annonces ont pu être placées en visant également les partisans du parti national-démocrate allemand.

Parmi les autres catégories apparaissant dans l’outil d’auto-saisie de Facebook, »Tuer les radicaux musulmans », « Ku Klux Klan », « magazine hebdomadaire du meurtre des Juifs », et « l’école du meurtre et de l’assassinat des pédés ».

Facebook compte plus d’un milliard d’utilisateurs, et le nombre de ces derniers qui utilisent un terme de haine pour désigner leur employeur ou leur école reste relativement faible.

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a écrit le mois dernier : « Il n’y a pas de place pour la haine au sein de notre communauté. »

« Nous ne serons pas toujours parfaits, mais vous avez la promesse que nous continuerons à travailler pour faire en sorte que Facebook soit un endroit où tout un chacun se sent en sécurité », a-t-il ajouté.