« Acte odieux », « stéréotypes antisémites » : plusieurs associations et acteurs de la lutte contre le racisme ont vivement condamné lundi l’agression d’une famille juive, séquestrée et détroussée dans la nuit de jeudi à vendredi à son domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis).

« Les stéréotypes antisémites qui auraient guidé les auteurs ajoutent à la gravité de l’agression déjà odieuse par elle-même », a affirmé dans un communiqué la Ligue des Droits de l’Homme, condamnant « avec la plus grande fermeté » cette « agression violente ».

« Ces deux dernières années, depuis l’attaque de l’Hypercacher » en janvier 2015, « de nombreux Juifs français se sont sentis de moins en moins en sécurité et des milliers ont émigré », a affirmé le Congrès juif européen, en appelant les pouvoirs publics français à des mesures plus fortes pour éradiquer « l’antisémitisme sociétal ».

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (DILCRAH), Frédéric Potier, a pour sa part condamné un « acte odieux », dont la police et la justice doivent « identifier et punir » les auteurs.

Gérard Collomb, ministre français de l'Intérieur, devant l'Elysée, le 2 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

Gérard Collomb, ministre français de l’Intérieur, devant l’Elysée, le 2 août 2017. (Crédit : Stéphane de Sakutin/AFP)

L’agression avait déjà été condamnée au cours du week-end par les institutions juives et le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, selon qui « la motivation de cet acte lâche semble directement liée à la religion des victimes. »

Une enquête a été ouverte pour séquestration, vol et extorsion en réunion avec violences et en raison de la religion des victimes.

« Onze ans après le meurtre antisémite d’Ilan Halimi, le fantasme du Juif riche continue à faire ses victimes », a pour sa part déploré SOS Racisme, en allusion au jeune Juif enlevé le 21 janvier 2006 par le « gang des barbares » et découvert agonisant près de la gare de Sainte-Geneviève-des-Bois, en banlieue parisienne.

Il était mort pendant son transfert à l’hôpital, et le chef du gang, Youssouf Fofana, avait été condamné à perpétuité en 2009.

Ilan Halimi, enlevé et assassiné en 2006. (Crédit : autorisation de Stephanie Yin/JTA)

Ilan Halimi, enlevé et assassiné en 2006. (Crédit : autorisation de Stephanie Yin/JTA)

Pour la Licra, cette affaire « rappelle évidemment celle de Créteil« , qui avait vu un couple séquestré et la femme violée en 2014 lors d’une agression pour laquelle cinq hommes viennent d’être renvoyés aux assises pour antisémitisme.

Cette nouvelle affaire « démontre une fois de plus jusqu’où les stéréotypes antisémites peuvent conduire », a déploré la Licra, en annonçant qu’elle se constituerait partie civile aux côté des victimes.

Le mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) « rappelle la nécessite impérieuse de combattre sans relâche l’antisémitisme sous toutes ses formes et quels que soient leurs auteurs ».

« Nous refusons cette insécurité visant les Français juifs sur fond de préjugés antisémites surannées », a de son côté réagi Sacha Ghozlan, le président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), pour qui les agresseurs s’en sont pris, en attaquant Roger Pinto, « à l’un des fervents défenseurs des valeurs juives et des valeurs républicaines ».