Le parti du Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a appelé samedi les Palestiniens à intensifier la lutte contre Israël par le boycott à grande échelle des produits israéliens et par la « résistance populaire » contre les soldats israéliens et les habitants des implantations.

Dans une déclaration publiée sur le site officiel du Fatah, la branche du mouvement en Cisjordanie a fustigé la décision d’Israël de retenir les recettes fiscales de l’AP suite aux démarches palestiniennes à l’ONU, la présentant comme un acte de « vol » qui « prive notre peuple de son pain quotidien ».

Le Fatah a assuré Abbas de son soutien pour ses tentatives internationales visant à isoler Israël, appelant à « une escalade de la résistance populaire contre les forces d’occupation et les colons ».

Abbas a publiquement critiqué l’Intifada armée contre des civils israéliens, mais soutient la « résistance populaire » qui consiste en de grandes manifestations, et le boycott des produits des implantations.

La nouvelle déclaration semble légitimer les attaques physiques contre les soldats et contre les Israéliens vivant en Cisjordanie, lesquelles ont augmenté de façon spectaculaire ces derniers mois.

Moneer Al-Jaghoub, le chef de la commission de l’organisation et de la mobilisation du Fatah, a affirmé que la « résistance populaire » mentionnée dans le communiqué était absolument non-violente.

« Il n’est pas question de sang », a déclaré Jaghoub au Times of Israel. « Nous approuvons la fermeture des routes et les manifestations de masse. »

Muhammad Al-Madani, un responsable du Fatah chargé des relations d’Abbas avec la société israélienne, a dit dimanche après-midi qu’il n’avait pas connaissance du communiqué du Fatah, et a refusé de le commenter.

L’hebdomadaire de l’armée israélienne Bamahané a rapporté la semaine dernière que, courant 2014, les jets de pierres en Cisjordanie ont augmenté de 41 %, les jets de cocktail Molotov de 50 %, et les émeutes de 46 % par rapport à 2013.

La déclaration du Fatah a également appelé à un boycott généralisé des produits israéliens, reprenant un appel de l’ancien Premier ministre palestinien Salam Fayyad, qui avait approuvé un boycott tous azimuts en décembre 2012, suite à la reconnaissance de la «Palestine» en tant qu’Etat observateur non-membre de l’ONU et des mesures punitives israéliennes qui l’ont suivie.

Fayyad a aussi participé à un autodafé public des produits israéliens en 2010.

« Nous appelons toutes les chambres de commerce, les écoles, les universités, les syndicats étudiants, les imams, les chefs religieux et les médias à consacrer chaque jour le temps approprié pour éduquer le public sur la nécessité de boycotter les produits de l’occupation israélienne et de l’importance d’une telle campagne défiant l’occupation et son arrogance », lit-on dans le communiqué.

« Il n’est plus acceptable pour nous de continuer d’être un marché lucratif pour ceux qui nous occupent et pillent nos terres. »

Alors que Mahmoud Abbas s’oppose à un boycott aveugle des produits israéliens – appelant les Palestiniens à ne bannir que les produits des implantations (interdits par un décret présidentiel en 2010) – les responsables du Fatah ne font pas une telle distinction.

Le membre du Comité central du Fatah Jamal Muheisen a averti les commerçants palestiniens de se débarrasser des produits « de l’occupation » d’ici deux semaines ou sinon, ils seront saccagés.

Pour Jaghoub, seuls les produits israéliens fabriqués dans les implantations doivent être concernés, conformement à une décision adoptée lors de la sixième convention du Fatah en août 2009.