Les manifestants ont appelé le gouvernement à mettre fin à toutes les négociations avec les Palestiniens et à ne pas rendre les territoires occupés en Cisjordanie.

Qualifié de « prière de détresse » par ses organisateurs, le rassemblement a réuni le ministre du Logement, Uri Ariel, ainsi que plusieurs figures de la scène rabbinique, telles que le Grand Rabbin de Safed Shmuel Eliyahu, le rabbin d’Hébron Dov Lior et le rabbin Haim Druckman.

Les manifestants ont appelé à l’annulation de « l’édicte de Kerry ». Ce mot fait référence aux mesures anti-juives qui ont ponctué l’histoire européenne et musulmane à travers les siècles, dont la conséquence directe était souvent une expulsion ou des pogroms.

Sur l’un des prospectus distribués pendant l’événement, on peut lire,      « Ô Dieu, donne de la force, du courage, de la vérité et la foi à nos dirigeants politiques. Incite-les à te craindre, afin qu’ils s’emplissent de respect. Qu’ils aient peur de faire du mal à notre terre sainte… Qu’ils aient peur de toi, mais pas des autres nations du monde. »

Moti Yogev, député du parti Foyer Juif, a rejoint les rangs de la manifestation. Ce dernier a insinué que la volonté de John Kerry de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens était teintée d’antisémitisme.

« Le Premier ministre [Benjamin Netanyahu] œuvre sous l’influence non-professionnelle et obsessionnelle de John Kerry, qui pourrait être un brin antisémite », a-t-il déclaré sur les ondes de Israel Radio.

L’histoire « ne pardonnera pas » un dirigeant israélien qui renonce à la terre d’Israël pour un accord de paix. Naftali Bennett

Les déclarations de Moti Yogev interviennent en plein refroidissement des relations entre Benjamin Netanyahu et le parti Foyer Juif. Son dirigeant, Naftali Bennett, avait suscité la polémique lorsqu’il avait répondu publiquement aux commentaires faits par un proche du Premier ministre, lors d’une interview accordée au Times of Israel. Ce responsable israélien avait déclaré que Benjamin Netanyahu avait l’intention de laisser aux colons le choix de rester en Cisjordanie ou de s’installer en Israël, après la finalisation d’un accord de paix.

Le 28 janvier, Naftali Bennett a répondu qu’il était impensable de laisser les colons dans un Etat palestinien car cela marquerait la fin du sionisme. Il a ajouté que l’histoire « ne pardonnerait pas » un dirigeant israélien qui renonce à la terre d’Israël pour un accord de paix.

Menacé de quitter le gouvernement, Naftali Bennett a dû présenter ses excuses en disant qu’il ne cherchait pas à offenser le Premier ministre.

Israël et l’Autorité palestinienne ont relancé le processus de négociations en juillet dernier, dans un délai de neuf mois fixé par les Etats-Unis. Pour l’instant, peu de progrès ont été faits. Les Palestiniens, quant à eux, ont averti qu’ils prendraient des mesures juridiques contre Israël concernant les colonies si le délai de neuf mois venait à être dépassé.

Beaucoup de politiciens israéliens et d’experts pensent qu’Israël sera tenu pour responsable si les négociations devaient échouer.

Parmi eux, la ministre de la Justice Tsipi Livni (Hatnua) et le ministre des Finances Yair Lapid (Yesh Atid) ont averti que sans accord de paix, Israël pourrait faire face à un isolement sur la scène économique et politique internationale.