Environ 100 prisonniers sécuritaires du Hamas ont abandonné leur grève de la faim vendredi matin, selon le service des prisons israéliennes (IPS).

Les 100 détenus faisaient partie d’un groupe d’environ 1 100 Palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes qui ont refusé de se nourrir depuis lundi pour protester contre leur situation.

La Deuxième chaîne rapporte que les prisonniers ont mis un terme à leur jeûne en raison d’un conflit avec le chef populaire du Fatah Marwan Barghouthi — qui a pris la tête de la grève – même si le service des prisons n’a pas été en mesure de le confirmer.

Selon l’IPS, un Palestinien qui était atteint d’une maladie préexistante du coeur a été transféré dans un hôpital israélien pour y être soigné. Le site d’informations palestinien Maan a fait savoir que ce prisonnier s’appelait Said Musallam et a par ailleurs rapporté que plusieurs autres jeûneurs avaient également été pris en charge à l’hôpital.

Barghouthi purge actuellement cinq peines de prison à vie pour meurtre pour avoir orchestré des attentats terroristes contre des citoyens israéliens au cours de la Seconde Intifada. Il avait commencé à appeler à la grève après que des négociations entre représentants des prisonniers et le service chargé des prisons israéliennes sur l’amélioration des conditions de détention sont tombées dans l’impasse. Ces pourparlers avaient commencé il y a plus d’un an et demi.

Un homme avec une photo du terroriste palestinien condamné Marwan Barghouthi pour demander sa libération pendant une manifestation de soutien aux détenus en grève de la faim à Hébron, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Un homme avec une photo du terroriste palestinien condamné Marwan Barghouthi pour demander sa libération pendant une manifestation de soutien aux détenus en grève de la faim à Hébron, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Hazem Bader/AFP)

Parmi les demandes émanant de Barghouthi et des prisonniers, le reprise d’une deuxième visite mensuelle des membres des familles (un avantage qui avait été annulé par la Commission internationale de la Croix Rouge en raison de coupes budgétaires), la prévention de l’annulation des rencontres avec les familles pour des raisons de sécurité, et la reprise des études universitaires et la possibilité de se présenter à des examens d’inscription pour les prisonniers. Entre autres réclamations supplémentaires, la mise à disposition de davantage de chaînes de télévision dans les cellules et l’usage des téléphones cellulaires dans les ailes des prisons réservées aux détenus pour des motifs relatifs à la sécurité.

Le président du Club des prisonniers palestiniens a déclaré à l’AFP jeudi qu’Israël permettrait à tous les prisonniers, dont Barghouthi, de rencontrer des avocats, une volte-face face à sa position précédente.

L’accès aux avocats a été interdit suite au début de la grève, ont déclaré des responsables palestiniens, et Barghouthi a été envoyé en isolement.

Le service des prisons israéliennes a indiqué qu’il ne faisait que respecter ses réglementations sans faire davantage de commentaires.

Environ 6 500 Palestiniens sont actuellement détenus par Israël pour des crimes terroristes et autres délits. Approximativement 500 ont été placés en détention administrative, ce qui permet une incarcération sans inculpation préalable.

Les prisonniers palestiniens ont déjà entamé des grèves de la faim mais jamais avec une telle ampleur.

L’équipe du Times of Israel et les agences ont contribué à cet article.